Le tribunal criminel près la cour de Constantine a eu à statuer hier sur une affaire d'agression, de tentative de vol qualifié avec escalade de nuit, coups et blessures volontaires, détention d'armes blanches et psychotropes, dans laquelle étaient impliqués K. Farid 32 ans, S. Nadjib 33 ans et Z. Mohamed 32 ans.
L'incursion a failli coûter la vie à un commerçant et à sa femme, dans la petite localité d'El-Guerrah, commune du Khroub, en cette nuit du 15 novembre 2007.
Il était 22 heures lorsque B. Rabah a entendu du bruit au premier étage de sa villa. En allant s'enquérir de ce qui se passait, il constata qu'il y avait de la lumière dans le salon. Il l'éteint et retourna se coucher. Un second bruit l'oblige à retourner dans cette salle, et c'est là qu'il a reçu un coup à la tête. Pour se défendre, il saisit son fusil de chasse, qu'il charge de deux cartouches de chevrotine, et tira en l'air pour alerter ses voisins. Son agresseur tenta alors de lui arracher l'arme. Entendant le vacarme, l'épouse de Rabah vint alors voir ce qui se passait. Et là elle été elle aussi blessée.
Le premier accusé, K. Farid, a tenté de s'enfuir en sautant par le balcon du premier étage. Le commerçant descendit au rez-de-chaussée, rechargea son fusil et se mit à la recherche de son agresseur. A ce moment l'un de ses voisins, Abdelaziz, arriva sur les lieux. Il vit K. Rabah, la victime, avec les habits couverts de sang, criant que sa femme avait été tuée par des bandits. Le voisin trouva un peu plus loin un homme couché par terre et blessé à la cheville droite, qui le supplia de le secourir. Abdelaziz alerta la gendarmerie nationale avec son portable. Sur les lieux, les éléments de la brigade de gendarmerie ont trouvé des cagoules, des bonnets, des gants, une bombe lacrymogène et des comprimés de psychotropes. Les enquêteurs ont aussi constaté les impacts de deux balles sur le plafond du salon.
Evacué à l'hôpital de Aïn M'lila, K. Farid, qui a été entendu le lendemain, a dénoncé ses complices.
Arrêtés et interrogés, ces deux derniers ont avoué avoir pris part à cette attaque nocturne.
Comparaissant, hier, devant le tribunal criminel, K. Farid, qui avait des béquilles, a nié avoir tenté quoi que ce soit, déclarant que sa blessure est due à un accident dont il a été victime.
Ses deux coaccusés ont également tout nié, réfutant avoir voulu voler ce commerçant qui, précisent-ils, est leur voisin.
La victime appelée à la barre a raconté les détails de l'agression.
Des témoins à décharge ont déclaré eux que les mis en cause étaient avec eux durant toute cette soirée. La partie civile, quant à elle, estime que les faits sont graves. «Que serait-il arrivé si le principal accusé s'était emparé de l'arme ?» Le procureur a mis en exergue la gravité des faits «d'un trio qui avait planifié son acte en s'attaquant à un commerçant, un voisin de surcroît, pour le voler».
Il requit 20 ans de prison ferme, 200.000 DA et 5 ans de privation des droits civiques.
La défense a insisté sur le fait que leurs mandants n'ont pas été pris en flagrant délit, à l'exception du premier accusé qui a été trouvé blessé sur place. «Cela ne prouve, cependant, nullement qu'il est coupable. Nous demandons à ce que le tribunal relaxe le deuxième et le troisième et accorde des circonstances atténuantes au premier», ont demandé les avocats.
A l'issue des délibérations, les trois accusés ont été reconnus coupables et condamnés à 20 ans de prison ferme et une amende de 100.000 DA chacun. Ils sont également privés de leurs droits civiques pendant 5 ans.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Amar
Source : www.lequotidien-oran.com