Chlef - Revue de Presse

Zerhouni promet d'assainir : Purge dans le mouvement associatif



Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Noureddine Yazid Zerhouni, parlant du mouvement associatif, semble décidé à donner un grand coup dans la fourmilière. Une démarche somme toute attendue, si l'on se réfère aux critiques émises par le ministre envers les associations, au lendemain des événements qui ont secoué les villes d'Oran, Chlef et Berriane. Zerhouni qui répondait, jeudi, à une question d'un membre du Conseil de la Nation lors d'une séance plénière consacrée aux questions orales, a affirmé la nécessité de réviser la loi sur les associations. Il a annoncé que son département formulera prochainement une proposition au gouvernement sur un projet de révision de cette loi. Tout en soulignant qu'il est impératif de réviser les modalités d'accréditation des associations et définir leur champ d'intervention pour pouvoir atteindre les objectifs escomptés en la matière, le ministre a indiqué que le pays a besoin d'associations crédibles qui s'engagent à travailler avec les communes et les wilayas pour améliorer le quotidien des citoyens. Dans ce contexte, le ministre a affirmé que 95% des associations agréées n'ont jamais présenté le rapport officiel sur leurs activités tel que prévu par la loi. Pire encore, ajoute le même responsable, la majorité de ces associations n'ont jamais présenté leur rapport financier. D'autre part et en réponse à une question relative au refus de l'octroi d'agrément pour certaines associations, Zerhouni a précisé que des réserves peuvent être émises par l'administration sur certains dossiers, notamment dans le cas où ces dossiers sont incomplets ou non valides ou encore lorsque la raison avancée par le demandeur est incompatible avec le champ d'action de la société civile. Chiffres à l'appui, le ministre a indiqué que dans la majorité des cas, la réponse de l'administration est positive. Il soulignera dans ce sens que le nombre d'associations n'a cessé d'augmenter depuis 1991, passant de 30.000 associations en 1992 à 58.000 en 2001, avant d'arriver à 75.000 en 2003 pour atteindre les 78.000 associations en 2005. Aujourd'hui, ajoute Zerhouni, le nombre total des associations agréées avoisine les 81.000 associations. «Il n'y a pas de politique qui s'oppose aux activités à caractère associatif», précise le ministre, affirmant par contre que des associations demandent des autorisations pour récupérer des dons envoyés par certains pays et qui sont ensuite revendus sur les marchés. C'est le cas, dira-t-il, d'une association qui, après avoir obtenu l'agrément pour participer à des activités culturelles, a demandé une autorisation au ministère de l'Intérieur pour la réception d'un don en provenance d'Allemagne sans payer les taxes douanières. «Il s'est avéré que celle-ci a reçu des ordinateurs impropres à l'usage», a-t-il expliqué. Après avoir rappelé le nombre très important d'associations que comptent les wilayas de Chlef (1.721 associations), Oran (3.348 associations dont 622 sportives) et Ghardaïa (1.867 associations pour 300.000 habitants), Zerhouni s'est interrogé sur l'absence du mouvement associatif lors des dernières émeutes. Une absence, a-t-il fait remarquer, qui s'est fait ressentir lors des «incidents» qu'a connus la wilaya d'Oran. Enfin et en réponse à une question de l'APS, en marge de la séance, sur la possibilité d'une dissolution légale des associations qui ne respectent pas leur engagement, Zerhouni a expliqué que la loi prévoit de porter l'affaire devant la justice après avoir avisé l'association pour manquement à ses engagements. Une expérience de 15 ans d'activité associative a démontré qu'à «l'exception de certaines associations, la majorité reste absente».
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