Chlef

Une ville, une histoire L'orphelin d'El Khemis



Une ville, une histoire                                    L'orphelin d'El Khemis
Injustice n La marâtre qui remplacera sa pauvre mère n'aura aucune pitié pour ses frères et spécialement pour lui. Elle le fera travailler comme une bête et l'obligera à faire toutes les courses.
Il est né à khemis Miliana et certains prétendent à Ben Allel entre Khemis et Miliana. Sixième enfant d'une famille nombreuse et pauvre, il connaîtra à peine sa mère. Elle décèdera devant lui, près de lui à la suite d'un typhus mal soigné dans les années 30. Il n'a jamais vu le sourire de son père occupé à gagner sa vie pour nourrir son foyer et joindre les deux bouts. Il n'a jamais vu non plus celui de sa mère car six accouchements successifs et trois fausses couches l'avaient vieillie de plus de 20 ans. Et puis elle n'avait aucune raison de sourire cette malheureuse car elle manquait de tout. Ses enfants étaient mal nourris et elle sentait au fond que sa fin était proche. Elle ne se trompait pas puisqu'elle laissa derrière elle six orphelins et un père déprimé.
La marâtre qui remplacera sa pauvre mère n'aura aucune pitié pour ses frères et spécialement pour lui.
Elle le fera travailler comme une bête et l'obligera à faire toutes les courses.
A quatorze ans, il fuguera de la maison pour aller à Aïn Defla. Il travaillera comme porte fait, cireur et gardien de voiture. Une année plus tard, il jettera son dévolu sur Chlef à l'époque Orléansville. Là encore, il vivra au jour le jour, de petits boulots, de petits métiers. Il sera même pompiste. Et c'est précisément au niveau de cette station d'essence que la chance va lui sourire.
Le chauffeur d'un camion semi-remorque lui proposera de l'accompagner à Oujda gratuitement à condition qu'il lui serve de graisseur. Il accepta. Une fois au Maroc, il choisira la ville de Tanger pour travailler compte tenu de l'activité de son port.
Il ne chômera pas.
Et comme il était dégourdi par nature, il se fera même un gros pactole en vendant des bricoles aux marins étrangers en plus des ristournes qu'il se faisait en échangeant les monnaies.
En l'espace de dix ans, il finira par acheter une petite maison et même par se marier.
Le pays lui semblant loin, très loin, il lui paraissait comme un mauvais souvenir sur lequel il ne voulait pas s'attarder.
Et comme le temps panse bien des plaies et cicatrise bien des blessures, il se résolut au bout de vingt ans, à revoir ses frères et sa patrie.
C'est au niveau du poste frontière que tout lui sembla noir, noir comme la nuit alors qu'il faisait jour partout et que le soleil brillait.
Une force mystérieuse l'empêchait de franchir la barrière derrière laquelle son frère l'attendait.
Il ne revint jamais en Algérie.
Abdenour Fayçal
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