
Voilà un type de plébiscite face auquel on ne peut certainement pas rester impassible : la désignation de Ryad Boudebouz en qualité de Ballon d'Or au titre de la saison 2011. Sur le plan de la valeur intrinsèque, il est incontestable que le footballeur, apprécié du public sochalien, a toutes les qualités pour mériter cette distinction, sauf qu'il aurait fallu quand même que l'évaluation soit faite sur un parcours sportif dans sa globalité, et non pas sur cet instantané qu'a été le but qu'il a marqué aux Tunisiens.Ainsi, Messi n'est pas couronné pour avoir été le héros d'un Clasico, mais pour tout ce qu'il a réalisé tout au long d'une saison qui ne se suffit pas de la seule compétition nationale mais d'un patchwork d'affrontements tous aussi différents les uns que les autres : Coupe du Roi, Ligue des champions, rencontres amicales de la sélection argentine même s'il n'y brille pas aussi souvent, attitude sur le terrain, sens du collectif, altruisme sur un terrain de football, etc.Ne sont-ce pas là les qualités auxquelles répond à tous points de vue Hillal Soudani, l'ancien attaquant de l'ASO Chlef, lequel aura réellement pesé dans la consécration de son club avant qu'il ne rejoigne le Vitoria Guimaraes 'Toute récompense appelée à consacrer un auteur, un artiste, une vocation comme en serait la famille du football n'est et ne pourra avoir de consistance que si elle est le fait de professionnels. Autrement dit une fois lancée, la compétition aurait gagné à refléter le jugement de professionnels toutes natures confondues : joueurs, entraîneurs et journalistes. Toutefois en introduisant un sondage auprès de son régulier et/ou même épisodique lectorat qui, semble-t-il, aurait beaucoup pesé sur la désignation du joueur de Sochaux qui aura certainement profité, indépendamment de sa volonté, de la dernière image du héros d'une rencontre que tous les Algériens attendaient pour de nombreuses raisons. La curiosité de voir une sélection nationale relookée dirigée par un coach dont toute l'Algérie attend de voir ce que pouvait apporter un technicien très peu enclin aux attitudes conventionnelles, rétif à l'ordre établi et en face la rédemption obligée d'un joueur, en l'occurrence Ryad Boudebouz, lequel est, au-delà de son statut de sélectionné, le protagoniste d'un duel à forte connotation disciplinaire hyper médiatisé parce qu'il (le duel) risquait d'entamer sérieusement les pouvoirs plénipotentiaires exigés préalablement par le sélectionneur national.Cette confrontation dans un espace-temps réduit a, par voie de conséquence, créé un univers passionnel duquel les deux personnages en sont sortis évidemment grandis, et pour cause la victoire contre un adversaire qui n'est pas rien toujours au sens de la passion qu'exhale le football sur le plan régional, pour l'un, et la réalisation du but la couronnant, pour l'autre. En somme, la désignation de Ryad Boudebouz s'est faite en fonction de l'actualité «brûlante» évoquée et donc au détriment d'autres paramètres essentiels à même de justifier ses qualités par comparaison à celles des autres concurrents auxquels ne sembla pas avoir été appliqué le sacro-saint principe des chances égales.Morale de l'histoire : dans tous les types de consultation collective, en Algérie l'émoi et la passion à l'instant «T» ont toujours prévalu et servi de mesure étalon ô combien arbitraire pour ensuite et forcément «accoucher» de quelque chose d'injuste qui n'est pas sans laisser un goût d'inachevé.
A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com