Chlef - A la une

Splendeur et pollution Ténès (Chlef)



Splendeur et pollution Ténès (Chlef)
Des milliers d'estivants affluent quotidiennement vers la ville de Ténès où l'avenante Grande Plage, de son appellation locale, les accueille des heures durant dans la joie et la gaieté.Au chef-lieu de la wilaya de Chlef, le thermomètre du véhicule qui nous menait vers la côte de la ville de Ténès affichait 40°. Aux premières gorges qui séparent la ville de Ténès de la plaine intérieure, le mercure est descendu à 35° et à l'approche de l'embouchure de l'oued Allala, la température a chuté à 30°. Là, nous étions déjà à nous faufiler dans les sinuosités qui surplombent la superbe ville de Ténès. Le fameux phare, implanté dans une sorte de micropéninsule qui fonce à l'intérieur de la mer ajoute un plus au décor de cette aire qui a vu le passage de plusieurs civilisations envoûtées par la sérénité du site.
Des milliers d'estivants affluent quotidiennement vers la ville de Ténès où l'avenante Grande Plage, de son appellation locale, les accueille des heures durant dans la joie et la gaieté. Si tout semble confluer vers cette ancienne ville de la Méditerranée, la Grande Plage est cependant fortement menacée par les eaux usées drainées par les deux oueds, Allala et Tifilès. Déjà au niveau des gorges qui surplombent la ville de Ténès, les eaux de ces oueds sont bleuâtres et visqueuses à cause du manque de dilution, ce qui augmente nettement leur niveau de pollution.
Tout conflue vers ces eaux Azur
«Le relief dans cette région ne dépasse pas les 700 mètres d'altitude, ajoutant à cela que cette zone est traversée par des isohyètes de pluie ne dépassant pas les 600 millimètres par an ce qui n'est pas suffisant pour provoquer un taux de dilution à même de rendre moins nocifs les déversements des dizaines de milliers d'habitants qui occupent la partie en amont de cette côte», explique un hydrologue de la région.
La région manque de stations d'épuration fonctionnant dans les règles de l'art.
La Grande Plage accueille quotidiennement plus de 1500 estivants, ce qui n'est pas sans réveiller les esprits consciencieux quant à un problème de santé publique qui peut surgir à tout moment. En allant vers Mostaganem, à la sortie ouest de la ville de Ténès, une décharge publique sauvage à fleur de la côte et dont les lixiviats et même les ordures se déversent lentement mais sûrement vers les eaux de la Méditerranée, mettant en péril la communauté piscicole et d'autre organismes vivant près de la côte dans les eaux peu profondes du plateau continental. A ce décor chaotique s'ajoute la présence d'un abattoir dont l'évacuation de ses eaux usées n'ont d'autre issue que la grande bleue.
Comme le stipule la législation environnementale, toute activité humaine atteignant un certain seuil de dangerosité, doit être accompagnée d'une station de détoxication qui allège un tant soit peu l'effluent liquide ou gazeux dû à cette même activité.
Les textes sont là, mais la réalité est toute autre !
Le bonheur des estivants perturbé par le manque de sanitaires
Si cela vous dit de passer une journée entière à la Grande Plage de Ténès, il faut prendre vos précautions. Le soleil est là, la beauté du site également, mais il n'y a, malheureusement, pas de sanitaires. «Nous avons même trouvé des déjections à l'intérieur des blocs, sous les escaliers et à proximité des ruelles peu fréquentées», assurent quelques habitants de la ville de Ténès. S'ajoute à ces désagréments le manque de douches publiques, de poubelles sur la plage'
Des témoins oculaires, nous font part de leur appréhension quant au devenir de cette côte plus que jamais harcelée par une
activité humaine forcenée qui ne voit et n'apprécie que les aspects lucratifs.
«A plusieurs occasions, quand le courant marin se met à refouler ses trépas vers l'extérieur, nous avons vu des quantités incommensurables de déchets plastiques ''vomis'' sur la plage», témoignent t-ils.
Qu'en est-il du PAC '
En 2004, le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et du Tourisme (Matet) a lancé le Programme d'aménagement côtier, le PAC. Des intellectuels de la région de Ténès se posent maintes questions quant à l'aboutissement de ce programme dont l'objectif principal s'inscrit dans une perspective de développement durable des côtes algériennes. «Faut-il se contenter de construire des blocs de R+5, R+10, R+ '' et ne pas réfléchir aux capacités naturelles d'accueil de chaque site, aux ressources naturelles disponibles, notamment l'eau, au seuil d'occupation du biotope donné''», se demande-t-on sur les lieux. «Ne pensons pas grand, mais plutôt pensons réel. Des programmes s'étalant sur trois à quatre ans, lancés en grand pompe, sont restés en latence des années durant. Je vous donne simplement l'exemple du centre d'enfouissement technique de Ténès qui a été inscrit dans le cadre du quinquennat 2004/2009. A ce jour, ce projet n'a pas encore démarré et personne ne sait pour quelles raisons», précise-t-on sur les lieux.
A 19h, nous avons quitté cette superbe ville alors que le coucher du soleil mettait en exergue, avec une splendeur inégalable, le phare de Ténès, témoignant encore du passage du général Churchill Tcherchel, nous dit-on, qui n'a pas frôlé ce mastodonte à la forme cylindrique, sans y laisser quelques épitaphes sur un contour incessamment corrodé par les vents salés.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)