
Par Maâmar FarahM. Bonatiro, très connu des Algériens pour ses sorties épisodiques concernant les secousses telluriques, a tenu devant les journalistes du Forum DK News un langage convaincant, fortement appuyé d'arguments scientifiques. Ainsi, quand il évoque la nécessité de suivre rigoureusement toutes les étapes de la construction d'immeubles privés et publics dans les zones sismiques, il rappelle la condition majeure pour que de telles phénomènes naturels ne provoquent pas de véritables catastrophes.Mais, malheureusement, M. Bonatiro, ne s'arrête pas là et revient à son dada : il prévoit des séismes en automne et en hiver?! En homme de sciences, l'invité de DK News devrait savoir qu'il est définitivement établi que les prévisions de tels phénomènes naturels inattendus relèvent du pur charlatanisme. On a longtemps accordé aux thèses chinoises de prévision à travers les réactions des animaux une importance qui n'avait rien de scientifique. S'il est vrai qu'un grand tremblement de terre (1975) a été prévu grâce à cette méthode, ce ne fut que l'exception qui confirme la règle. Il fut impossible, par la suite, de rééditer ce coup et l'école chinoise dut revenir à des conceptions plus rationnelles de cette science balbutiante qu'est la prévision des tremblements de terre.Les chiens aboient, les chauve-souris sortent de leurs trous...Tout le monde peut le constater : à l'approche de la secousse, les chiens commencent à aboyer sans raison, les chauve-souris sortent des cavernes, les animaux domestiques se comportent bizarrement, les autres s'agitent. Mais ces réactions, trop proches du moment de la secousse, ne permettent pas d'agir en conséquence. Par ailleurs, si l'on devait, à chaque comportement bizarre de nos amis les bêtes, mettre en place un plan Orsec pour séisme, autant dire que l'on va faire appel aux pompiers à chaque miaulement inhabituel de son chat?! Il existe d'autres paramètres tels que l'étude de l'activité sismique d'une zone connue pour avoir abrité des séismes majeurs, la comparaison des données en divers lieux, la densification des appareils de mesure, la formation de spécialistes, mais l'on ne peut ni donner une date précise, ni prévoir l'ampleur de la secousse. Certains, par exemple, nous disent que la région de Chlef, ayant connu deux tremblements de terre importants en 1954 et 1980, sera à nouveau le théâtre d'un autre séisme de la même puissance. Mais quand ' Il y a eu 26 ans entre les deux, alors on va prendre un intervalle de 20 à 30 ans. Donc, ce séisme aurait dû avoir lieu 20 ou 30 années après 1980, c'est-à-dire entre 2000 et 2010. Or, il n'y eut que de petites répliques et c'est tant mieux pour notre chère vallée du Cheliff qui, nous l'espérons, ne connaîtra plus de catastrophe majeure. En tout cas, c'est dans ces zones qu'il faut veiller scrupuleusement au respect des normes les plus draconiennes de construction parasismique. Voilà un domaine où nous pouvons agir : multiplier les séminaires et les formations des ingénieurs et des architectes, renforcer le contrôle, lutter contre la corruption. Il existe aussi un autre secteur où l'on peut faire beaucoup, c'est celui de la sensibilisation afin que chaque habitant de ces zones à risque puisse connaître les règles élémentaires de sécurité et agir en conséquence.Les Algérois ont bien agi !On a beaucoup insisté sur la panique lors du dernier tremblement de terre, mettant l'accent sur les quelques décès occasionnés par des comportements dus à la terreur. Or, et tout en rappelant qu'un mort est déjà un mort de trop, enregistrer un si petit nombre de décès dans une zone urbaine à forte densité, comptant 5 millions d'habitants et des milliers d'habitations en piteux état, est un véritable miracle. Miracle parce que la secousse n'était pas aussi faible que ça (5,6) et que l'épicentre se trouvait à quelques encablures du centre-ville. Au lieu de dramatiser, il faut plutôt parler de véritable miracle et se féliciter du comportement de la majorité des Algérois?: sortir des habitations et rester au milieu des rues et dans les places publiques. Je crois que les habitants de cette région savent ce qu'ils font. Il reste à se demander si les responsables ont un programme sérieux pour reloger les familles en danger et, surtout, si toutes les mesures visant à fortifier le bâti et à le rendre résistant aux forts séismes vont être prises rapidement.De toutes les manières, le hasard continuera toujours à jouer son rèle. Au Japon, considéré comme le pays ayant maîtrisé la science parasismique et totalement formé sa population aux risques majeurs, le tremblement de Kyoto a tout détruit et tué des milliers de personnes. Vous n'êtes pas quand même plus fort que les Japonais, M. Bonatiro '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M ”ˆF
Source : www.lesoirdalgerie.com