La fin de la saison 2015-2016 de Ligue 2 a été marquée par de multiples dépassements d'ordre éthique sans que cela fasse réagir les responsables du football.Empressés qu'ils sont de boucler la saison et de se projeter sur la suivante, ils n'ont pas jugé utile de faire ce que leur dictent leur conscience et leur responsabilité, c'est-à-dire ouvrir des enquêtes (sérieuses) sur ce qui s'est passé vendredi lors de l'ultime journée de championnat de Ligue 2. Ce rôle incombe d'abord à ceux qui dirigent le football et ensuite à la commission d'éthique instituée sur le papier mais absente lorsqu'il s'agit de traquer les tricheurs à tous les niveaux. L'épilogue du match CRB Aïn Fekroun-AS khroub n'ajoute rien à la gloire d'un football traîné dans la boue, pourri par la corruption, régenté par la loi du talion. La moindre des choses attendues de la part des instances du football, c'est l'ouverture d'une enquête. Rien. C'est comme si rien de grave ne s'était passé au cours des derniers instants d'un match qui laissera des traces.Le président de l'US Chaouia, Abdelmadjid Yahi, a beau crier sur tous les toits que son équipe a été victime d'une machination, personne n'écrasera une larme sur le sort funeste réservé à l'USC parce que l'intéressé lui-même, et il l'a souvent reconnu, a, par le passé, bénéficié du système qu'aujourd'hui il dénonce.C'est suffisant pour ne pas dénoncer tous les travers du football algérien, à commencer par la corruption, l'arrangement des matchs au motif seulement que Abdelmadjid Yahi a souvent été un acteur central dans ce genre de dérives ' Bien au contraire. L'intérêt du sport et lui seul plaide pour dénoncer toutes les mauvaises pratiques qui sont devenues un réflexe naturel dans le football algérien, pourri par les fléaux cités, à un degré que beaucoup ne soupçonnent même pas.Autre dépassement enregistré au cours des deux dernières journées de championnat : deux équipes, l'O Médéa et l'ASO Chlef, n'ont pas observé scrupuleusement l'article 120 du règlement des championnats de football professionnel, alinéa 1 (Influence) qui précise : «Est considérée comme responsable de tentative d'influence sur le cours du championnat toute équipe senior qui, au des cinq dernières journées du championnat, n'aura pas aligné au moins 8 joueurs ayant été inscrits auparavant sur les feuilles de matchs des dix premières journées de la phase retour du championnat.»Il est facile pour les organes en charge de la compétition de vérifier si toutes les équipes se sont conformées à cet article en comparant les équipes alignées. Des sanctions sont prévues par le code disciplinaire à l'encontre des clubs qui ne respecteraient pas l'article 120.La Ligue peut aussi faire usage de l'article 123 du code disciplinaire de la FAF qui prévoit une défalcation de 9 points du capital-points du club fautif.Alors que des relents de scandale planent sur la fin de saison, la commission d'éthique et de discipline adoptent une posture étrange, figée, qui confine à de la résignation, pour ne pas dire de la complicité. A priori, la jungle du football a encore de beaux jours devant elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Ouahib
Source : www.elwatan.com