Chlef - A la une

Quand la pénurie de gasoil punit les fellahs et jaunit les champs



Quand la pénurie de gasoil punit les fellahs et jaunit les champs
La pénurie de gas-oil au niveau de la wilaya de Chlef a, non seulement puni les automobilistes et les transporteurs, mais aussi les entrepreneurs et les agriculteurs.Les cultures maraîchères et céréalières dépendant exclusivement d'une irrigation notamment en ce mois d'avril où une chaleur torride sévit dans la région. L'irrigation est la seule solution qui reste le seul ressort, en l'absence de pluie, pour ne pas voir les plantes mourir d'un manque d'eau et les céréales perdent leurs couvertures vertes. Irriguer les céréales permet à l'agriculture une bonne récolte les mois de mai et juin prochains. « Mais la seule chose que j'ai récoltée jusqu'ici, c'est de l'inquiétude, ce n'est pas à u manque d'eau mais à cause de la pénurie de gas-oil », fulmine Noureddine, la quarantaine, fellah dans la région d'Ouled Farès au nord de Chlef. Marchant à pas lourds dans son champ, il regarde tristement son champ de céréales. Il épie ses épis vertes qui commencent à s'incliner et à se sécher pour faute d'eau. Par contre, il n'ose pas regarder son moteur à eau qui risque de tomber en panne de gas-oil. Il lève les mains pour implorer Allah de punir les responsables qui mettent en péril sa récolte. Noureddine vérifie, d'une main d'expert la maturité du blé en égrenant un épi entre les doigts. Puis, il vérifie la hauteur de coupe de la faucheuse en utilisant un levier qui permet de régler la taille de fauchage. Il est sur la position 20 cm, et il ne faut couper ni trop bas, ni trop haut, pour qu'il puisse récupérer de la paille. Quant à la pénurie, nous n'avons pas pu, dira-t-il, nous approvisionner de gas-oil depuis plus de deux semaines. « Notre demande en cette période dépasse nettement l'offre du marché de ce carburant si utile et nécessaire non seulement pour l'irrigation mais aussi pour la saison de moisson-battage. » précise-t-il. Il faut préciser que cette période est réputée par la demande croissante de gas-oil par les fellahs. Ce n'est pas tout mais encore moins, même la culture de la tomate industrielle en souffre à Ouled Ben Abdelkader au Sud-ouest de Chlef. Une commune à vocation agricole où se concentre principalement la production de la tomate sur une superficie de 640 hectares dont 300 ha sont irrigués par le système goutte à goutte et le reste par pompage. La disette de gas-oil a influé cette fois-ci négativement sur toutes les plantations dont leurs motos-pompes fonctionnent au gas-oil. On compte d'ailleurs des milliers d'hectares qui n'ont pas été irrigués depuis plus de deux semaines. Ainsi, les plantations sont en souffrance à cause de interdiction d'emporter le gas-oil dans des jerrycans ou dans des fûts de 100 litres. Le pire est à craindre si cette interdiction persiste. Les fellahs ne peuvent en aucun cas déplacer leurs motos-pompes vers les stations-services pour remplir le réservoir. Ammi Ramdhan, propriétaire d'une exploitation agricole pleure, lui-aussi, la pénurie de gas-oil. « Je ne peux pas imaginer et voir partir des millions de dinars que j'ai mis sous la terre pour une simple pénurie de gas-oil » se plaint-il. D'habitude, les fellahs, enchaînera-t-il, craignent le manque d'eau mais pas le gas-oil. Pourtant la crise commence à voir des solutions et les files d'attentes de voitures devant les stations- service commencent à disparaître graduellement, mais la pénurie continue à rendre la vie des fellahs un calvaire d'autant plus que le mercure affiche des températures en sus de la moyenne saisonnière. Automobilistes, entrepreneurs, transporteurs et fellahs ne savent à quel saint se vouer.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)