Les waâda à Chlef, reconnues comme témoin indéfectible du patrimoine culturel populaire et événement social à dimension religieuse, continuent de susciter le même intérêt de la part de différentes catégories d'âge de la population, reflétant ainsi l'existence d'une véritable communication intergénérationnelle, doublée d'un attachement identitaire. Cet engouement pour ce type de festivités populaires, organisées généralement durant les périodes entre septembre et novembre, ne sont pas exemptes d'une certaine «polémique» entre partisans et opposants à cette tradition sociale. Pour Miloud Bouazdia, professeur de sociologie et d'anthropologie des religions à l'université Hassiba Ben Bouali, les waâda populaires ont préservé un «caractère traditionnel», qu'il cite à l'origine de l'intérêt toujours vivace des catégories sociales de tout âge, pour cet événement. «Les gens y voient généralement une certaine symbolique et non une conviction quelconque à adopter», a-t-il estimé, ceci d'autant plus, a-t-il déclaré, que la société a «acquis assez de maturité pour distinguer le licite de l'illicite». Faisant appel à l'historique de cet événement, il a souligné sa contribution, jadis, dans la réconciliation des individus et le bon accueil légendaire des invités et des visiteurs. En plus, cette occasion était propice au rappel des qualités et vertus d'un homme saint connu de tous, autour duquel des histoires et légendes sont tissées et des «Karamates» sont rapportées, dans une sorte de référent social et religieux perpétué par tout un clan social. Toutefois, l'engouement des jeunes d'aujourd'hui pour ce type de festivités «ne veut pas nécessairement dire qu'ils prêtent une oreille attentive à ces légendes, autant qu'ils veulent prendre connaissance des us de leurs aïeux», a observé M. Bouazdia. Il a, également, cité à l'origine de cet intérêt «le développement des moyens de communication et la prolifération des réseaux sociaux», dont la «contribution est notable dans la préservation et perpétuation de cette tradition populaire».La Waâda de Sidi Abderrahmane (à environ 75 km du chef-lieu de wilaya), célébrée le week-end dernier après une éclipse de 25 ans, fait partie des événements les plus appréciés par la population locale, au vue de sa contribution dans la réconciliation des générations entre elles, tout en aidant à la perpétuation d'un nombre d'activités et de pratiques sportives traditionnelles, à l'exemple de la canne traditionnelle, le sport équestre, la poésie populaire et la musique bédouine. L'engouement des gens pour les waàda populaires «participe à la préservation du patrimoine et des us et coutumes», a encore soutenu M. Bouazdia, soulignant leur dimension socioculturelle (identitaire) et récréative, voir même religieuse, en perpétuant les valeurs d'offrande, d'entente et de générosité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com