Chlef - Revue de Presse

Les cris vains et l'écrit vain de l'écrivain... « algé-Rien »



Vingt est un chiffre prisé par tous. Avoir une note vingt, pour les potaches que nous étions, nous réjouissait parce qu'elle promettait l'avenir. Aujourd'hui, avoir vingt, c'est abstrait. Ce qui intéresse, c'est d'avoir un avoir de vingt millions (euros/dollars). Ça, c'est du concret. Et le dinar ? Monnaie de singe. Ah, bon ! L'Algérie est-elle un asile de singes ou une terre de sages ? Qu'importe ! Vingt, pour nos actuels potaches n'est vingt que s'il est suivi de millions. Le monde est soumis à la matière. Le nôtre n'en fait pas exception. Sinon, c'est vain. Nos dirigeants se nourrissent des vingt millions qu'ils perçoivent mensuellement - sans commun rapport avec le SMIC à 10.000 DA - et veulent nous nourrir avec leurs vains maux qu'ils croient édulcorer avec des mots doux. D'où la rogne qui rogne, chaque jour que Dieu fait, la patience de l'Algé-Rien. Ceci est un fait que tout le monde constate et personne ne conteste. Tout ce que font les Algé-Rois (qui ne sont pas forcément les habitants d'Alger) comme erreur, les Algé-Riens le payent cher dans leur chair. Le citoyen vainc son mal en se comportant en mâle stoïque. Pour ce faire, il prend son mal de fer en patience. Mais pour combien de temps ? S'il faut tant de temps pour vaincre ces taons et qui, en sus, sucent notre sang. Tout responsable serre entre ses serres sa parcelle d'autorité mais ne sert rien, ni à rien ou presque. Les dernières législatives en sont la preuve par neuf. Neuf, dites-vous ? Non ! Pardi, les fraudes électorales, c'est vieux. C'est plutôt la preuve par l'oeuf couvé par des clercs pour éclore d'autres clercs à leur image et selon leur modèle. Chez nous, n'est pas clerc qui veut parce qu'on naît clerc (par naissance et non par compétences). Et l'intello ? Ah non ! Surtout pas lui. Il voit trop clair l'opacité des clercs qui ne sont pas tous clairs. Sa « claire-voix » éclaire trop les voies ténébreuses où sont fourvoyés les citoyens. C'est « persona non grata ». Peut-être parce qu'il n'y a rien à gratter avec lui. Disons à tout clerc, à quelque niveau où se situe son autorité, que la vie qu'il vit, ne donne jamais de garantie pour quoi ce soit. Cela est un axiome aussi vrai que le père est plus âgé que son fils. Les avoirs et le pouvoir indus déméritent. La gloire finale revient au seul Savoir et son détenteur pour qui l'argent n'a pas tant de valeur. La Science est l'unique valeur capitalisée. C'est notre conviction, même si certains me sourient au nez. Le reste, tout le reste, c'est du flou, c'est du fou, c'est du faux. L'argent, pour ces gens (intellos), c'est du vent. Si le clerc est servi selon son pouvoir et le riche selon ses avoirs, l'intello n'est pas considéré selon son Savoir. Peut-être, aime-t-on, sans mesure, les deux premiers et on hait, sans mesure aussi, le dernier. Pourtant, disait le Saint Prophète (QSSL) « le centre est le meilleur de tout ». Dans notre espace, la tête suit la queue parce que la queue dirige la tête. Le pouvoir rationnel revient moins à l'esprit « pensant » qu'à l'esprit « pansant ». Quel revirement des valeurs ! Va leur expliquer ça. Mensonges et «monts-songes » utopiques se fondent et se confondent dans notre cuisine politique pestilentielle au goût insipide et aux relents fétides. Accointances écrasent compétences : trabendisme politique, détournements économiques, mépris pour l'esprit scientifique, corruption, fraudes électorales... sont des crimes de « lèse-société » perpétrés contre la nation tout entière. Les salaires (plus symboliques que réels), par cette sale ère, n'ont aucune prise sur les prix qui ont pris une envolée de faucon. Les dirigeants dépassés — ou refusent de remédier - slaloment entre les grognes sociales au moyen de discours muets qui sont les seuls à écouter. Leur incompétence a fait de nous un peuple « Aâryenne » pendant que sous d'autres cieux plus respectueux, on en fait une race « Aryenne ». Tout cela fait que le moral des Algériens soit en berne en signe de deuil parce que berné depuis l'Indépendance par des marchands de rêves et des maquignons rivés au pouvoir au nom de la légendaire « légitimité historique » qu'ils ont inventée. Ils ont maquignonné l'économie du pays et hypothéqué l'avenir de tout un peuple. Hogra, harraga, drogue, rapt... sont les signes extérieurs de détresse dangereuse d'une jeunesse qui demeure à la périphérie du pays et en rade d'une vie fatigante qu'ils supportent de plus en plus mal tout mâles qu'ils sont. Autisme, surdité, cécité politiques ne sont pas la bonne « poli-tic » encore moins la politique d'urgence. La concorde civile se fragilise par des calculs scabreux et des projets étriqués de certains « politi-Rien » qui n'ont en vue que leurs sombres ambitions. Les Algériens se plaignent, en choeur, de la maladie des coeurs de certains de leurs responsables. Alors, ces jeunes doivent-ils s'expatrier vers d'autres horizons ? Vint un jour où ces comtes rendront des comptes. Ils content qu'ils n'ont rien demandé. ?" combien sera leur honte. Ces mots, s'ils ne sont pas soutenus par une sage politique solide et bolide, n'auront qu'un effet de « ghaïta ». Pour conclure, nous pouvons dire que vingt est prisé par tout le monde : - Vingt ans est la rose fraîche de l'âge, symbole de la jeunesse. - Vingt est une note convoitée par les potaches sérieux. - Vingt millions (même en dinars) sont désirés par tous et par chacun. Cependant, tous ces vingt sont vains devant le vingt d'une bonne conduite morale. C'est, à notre humble avis, le meilleur « vingt » capiteux qui remonte la tête et l'entoure d'une auréole digne d'être canonisée au rang des saints. Le reste, tout le reste vaut une canonnade pour éradiquer les maux qui empoisonnent la vie sociale. Nous terminons, en vain, cette palabre par cet adage : « On ne met pas de vieux crayons dans une trousse neuve ». O bons gestionnaires, la nation vous est reconnaissante. * Docteur ès lettres Université de Chlef
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