Qui n'avance pas recule ! C'est l'image d'un professionnalisme brodé de mauvais fil qu'offre le football algérien depuis (au moins) dix ans. Une décennie de balbutiements, de dilapidations de deniers publics surtout pour, qu'enfin, s'apercevoir que tout était faux.Les 32 clubs des deux ligues dites professionnelles lancent un ultime SOS aux pouvoirs publics. Actualité politique oblige, changement dans le décor présidentiel probablement, les dirigeants de nos clubs de football crient famine et sollicitent à nouveau la «République» pour sauver les meubles. Une histoire qui n'est pas à son premier épisode. Jeudi prochain, la réunion pressentie entre le président de la LFP et les patrons des clubs déficitaires de deux ligues vont se rencontrer.
A l'ordre du jour, la révision des textes de loi, mission qui les dépasse puisque cela relève des compétences des instances législatives, pour que les SSPA (Sociétés sportives par actions) deviennent des SSCPA (Sociétés sportives et commerciales par actions). Tout un programme qui résume le désarroi des dirigeants de ces entités déficitaires et déstructurées à se hisser véritablement vers une professionnalisation saine et académique du sport-roi.
Mardi à l'ESRHA, en marge du tirage au sort des deux tours de la coupe nationale, des représentants de ces clubs ont renouvelé leur appel par-devant le président de la LFP, Abdelkrim Medaouar en vue de se pencher sur la question.
Sollicité, l'ancien chairman de l'ASO Chlef et ex-député FLN de sa wilaya d'origine a fait la promesse de transmettre «à qui de droit» ces doléances. Cette inquiétude, doit-on écrire. Car, dans leur élan de panique, des présidents de clubs ont déjà préparé aussi bien leurs employés que leurs galeries à l'inévitable débrayage.
«Ce n'est plus possible, désormais, de faire tourner ces sociétés avec des moyens dérisoires, les apports de quelques actionnaires et des donateurs et autres bienfaiteurs», laissent entendre la plupart de ces dirigeants en panne de solutions devant l'incrédulité des pouvoirs publics en place (maires, walis et MJS) à faire les offrandes anté-22 février.
Après avoir forcé la ligue à reporter la 14è journée du championnat de Ligue 2, ces présidents vont, désormais, au clash avec les instances du football pour réclamer quelques dividendes induites notamment par les droits TV et les recettes publicitaires.
La majorité des clubs (dont 16 de la Ligue 2) signataires de cette missive dont l'aboutissement prendra le temps qu'il faudra, le président de la LFP ayant promis de soumettre la proposition à la FAF qui doit la présenter au MJS, lequel département devant pencher sur une nouvelle mouture législative qui passera par le gouvernement avant qu'elle ne soit discutée et approuvée par les deux chambres, savent (les clubs dits professionnels, ndlr) que le processus sera long avant que leurs revendications soient prises en charge. C'est, donc, pour parer au plus pressé qu'ils inscrivent leur action d'organiser une réunion, jeudi prochain, avec le président de la LFP. Une rencontre qui servira à attirer d'abord et surtout les regards du nouveau président de la République.
Sachant que la FAF ne peut rien à leurs revendications, elle qui, à travers la DCGF (ex-DNCG) a recensé l'immensité du gouffre financier des clubs de l'élite dite professionnelle.
Le chiffre rendu public par la CRL/FAF à propos des seuls salaires impayés aux footballeurs des deux ligues au 1er décembre dernier (69,8 milliards de centimes) fait froid au dos et dénote de la calamité à venir en cas de persistance de cette situation de non-gestion.
La sentence de la structure présidée par Réda Abdouche avançait fin novembre qu'«un examen préliminaire et sommaire des documents comptables et financiers a été établi par la DCGF. Dix SSPA ont remis divers documents comptables, cinq n'ont pas encore procédé au dépôt. Une (SSPA) n'a pas répondu malgré de multiples relances.
L'exploitation de documents des dix clubs indique que le football national est un gouffre financier. Les déficits colossaux et récurrents interpellent quant à la gestion archaïque et chaotique de la majorité des SSPA. Un chiffre à retenir : 740 milliards de centimes de déficit pour les dix clubs de la Ligue 1 examinés».
De quoi compromettre l'avenir d'une discipline qui, cette année, a valu à la sélection nationale un titre africain derrière lequel le football algérien court depuis 1990.
M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Bouchama
Source : www.lesoirdalgerie.com