Chlef - Revue de Presse

Le secteur des matériaux de construction marque le pas



Le secteur des matériaux de construction traverse des zones de turbulences, avec une baisse inquiétante des activités industrielles de production, avec des effets directs sur plusieurs chantiers et de projets de BTP, de travaux routiers et de grands projets économiques structurants. Que ce soit pour la production de logements, d'infrastructures de base comme les routes et autoroutes, ou des édifices publics, le manque de matériaux de construction, dont le ciment, couplé à une hausse vertigineuse des prix, a pratiquement freiné le développement de tout un secteur. Et freiné sa croissance.

 Selon une enquête de l'Office national des statistiques (ONS) réalisée auprès de chefs d'entreprises, l'activité industrielle dans le secteur des matériaux de construction a pratiquement stagné au 3e trimestre 2009. Ce brusque arrêt de l'activité de ce secteur, moteur de la croissance, est dû, selon l'Office, à une baisse de la demande et l'envolée des prix des principaux matériaux de construction. La spéculation effrénée sur les matériaux de construction comme le ciment, dont la production nationale n'arrive pas à satisfaire une demande gargantuesque avec des milliers de chantiers de BTP, ainsi que le projet d'autoroute Est-Ouest, a fait que la hausse des prix de vente a réduit de moitié la demande en matériaux de construction, qui a enregistré, selon l'enquête de l'ONS, une baisse notable durant ce trimestre.

 Le secteur de l'industrie des matériaux de construction traverse depuis plus de vingt ans une crise profonde : autant le ciment manque toujours malgré la réalisation de grandes cimenteries à travers le pays, dont certaines ont été cédées à des groupes étrangers, autant la brique rouge est une rareté sur le marché national, alors que le sable est devenu une denrée rare. Or, sans ciment et sans briques, presque tous les chantiers d'habitat, pour ne citer que ce segment du BTP, devront s'arrêter, sinon verront leurs travaux évoluer au ralenti. C'est en fait ce que l'on observe dans plusieurs régions du pays, avec des projets parfois suspendus faute de disponibilité de matériaux de construction. Les pouvoirs publics, dont le ministère de l'Industrie, ont déjà mis en place une stratégie de lutte contre la spéculation dans le secteur des matériaux de construction, mais cette politique «devient caduque dès lors que la production accuse d'énormes déficits», estime un urbaniste.

 Selon un responsable de la Société de gestion des participations des industries des ciments (SGP-GICA), la production de ciment dans les entreprises du secteur public a enregistré une hausse de 6% durant les cinq premiers mois de l'année 2009. Les cimenteries publiques ont produit 4,697 millions de tonnes, contre 4,439 millions de tonnes durant la même période de l'année 2008. La production de ciment du secteur public a atteint 11,478 millions de tonnes en 2008. Elle devrait atteindre 18 millions de tonnes d'ici 2012 compte tenu des extensions de capacités de production qui ont été lancées au niveau des cimenteries de Chlef, Aïn Kebira (Sétif) et Béni Saf (Aïn Témouchent) pour une production supplémentaire globale de 6 millions de tonnes. Ces chiffres, qui donnent une idée assez précise sur les capacités de production de ciment en Algérie, ne sont pas suffisants, en fait, pour satisfaire la demande à des prix qui fassent tourner les chantiers.

 Car le manque de ciment, avec son importation pour notamment soutenir le rythme de réalisation du projet prioritaire de l'autoroute Est-Ouest, ne peut à lui seul expliquer le ralentissement de l'activité. Car entre l'offre de ciment et la demande, il y a le phénomène de la spéculation qui, à lui seul, a réduit à néant bien des projets. Le quintal de ciment, sorti d'usine, revient grosso modo à 470 dinars, alors que chez les détaillants il est cédé jusqu'à 1.200 dinars. Les écarts de prix sont énormes et reflètent parfaitement cet état de délitement qui caractérise un secteur où l'Etat pourtant devrait être présent. Selon les chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques (CNIS), les importations de ciment au premier semestre 2008 sont passées à 95 629 tonnes, contre 187 548 tonnes durant la même période de 2007, alors que les prévisions étaient de un million de tonnes qui devaient être importées entre 2008 et 2009. Au cours du premier semestre 2006, les achats de ciment de l'étranger étaient encore plus importants avec 326 535 tonnes. Quant à la facture, elle était de 12,53 millions de dollars au premier semestre de 2008, contre 22 millions et 25 millions respectivement aux premiers semestres de 2007 et 2006.


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