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La LAADH dénonce les harcèlements et l'extorsion contre les journalistes



La LAADH dénonce les harcèlements et l'extorsion contre les journalistes
Dans un rapport, à l'occasion de la Journée mondiale pour la liberté d'expression et de la presse coïncidant avec le 03 mai de chaque année, signé par M. Kaddour Houari, secrétaire national de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme LAADH, en charge des dossiers pertinents et chef du bureau de Chlef, plaide pour les droits des journalistes. Il s'adresse aux responsables pour le soutien et la protection des journalistes et de leur assurer les conditions nécessaires loin de toutes les formes de menaces et d'extorsion.Le secrétaire national de LAADH appuie ses propos par les résultats des rapports des organisations mondiales compétentes en matière de liberté d'expression et droits de journalistes. En effet, selon le dernier rapport de l'organisation non gouvernementale «Reporters sans frontières» pour la liberté de la presse dans le monde de l'année 2014, l'Algérie a été classée 121e dans le domaine de la liberté de la presse, elle occupe la 28e place dans le continent africain et la cinquième dans le monde arabe. Ce n'est pas tout mais encore moins, ajoute M. Houari, car la presse en Algérie est dans les dernières loges selon le classement de l'organisation américaine «Freedom House». Selon le rapport de cette dernière, la presse en Algérie « n'est guère indépendante ». Ainsi, l'Algérie a été classée 135 à l'échelle mondiale et quatrième dans le monde arabe après la Tunisie, le Liban et le Koweït. Dans le même sillage, M. Houari confirme que la forte pression du pouvoir sur les entreprises privées algériennes et étrangères pour priver les journaux privés indépendants de la publicité. En effet, « c'est un indice et une preuve concrète de la mauvaise intention du pouvoir qui vise la scène médiatique en faisant taire les journalistes et la presse en générale. Délibérément, l'Etat maintient le statu quo quant à la censure et la distribution de la publicité publique. Près de 1 450 milliards de centimes, est la somme annuelle de la publicité publique, une publicité distribuée d'une façon obscure. Sinon comment peut-on expliquer le texte de loi relatif à la publicité qui a été gelé et qui n'a jusqu'à l'écriture de ces ligne n'a pas vu le jour, lit-on dans le rapport. Le mauvais classement de l'Algérien en matière de liberté d'expression est motivé, selon le secrétaire national par le fait qu'il y ait plusieurs contraintes qui entravent sans doute la pratique de cette fonction noble. Il cite entre autres, la censure, l'interdiction de la publicité, la difficulté de l'accès à l'information, le black out médiatique. Pis encore, la presse, tous types et genre confondus, est contrainte de ne pas franchir la ligne rouge et d'adapter sa ligne éditoriale en fonction des v?ux et des recommandations du pouvoir. Le cas échéant, l'entreprise médiatique est menacée de disparition et de faillite en raison de l'interdiction de la publicité et des harcèlements. La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme tient à soutenir la liberté de la presse et d'expression et en Algérie, elle condamne tous les abus et les harcèlements des responsables contre les journalistes. La ligue soutient par ailleurs le journaliste Abd Es-samie Abdelhaï, condamné dans l'affaire de la fuite de l'ex : directeur du quotidien « Mon Journal », Hicham Abboud, vers la France. LAADH plaide pour la libération immédiate du journaliste « innocent » qui demeure sous détention préventive depuis plus de 18 mois sans qu'il soit jugé. De plus, le journaliste détenu souffre depuis plusieurs mois des problèmes de santé, selon M. Houari. « Pourquoi le ministère de de la Communication n'a-t-il pas encore renouvelé l'accréditation du journaliste «Boualem Ghomrassa», chef de bureau du quotidien londonien, « Echark Elawsat » (Le Moyen-Orient) ' » s'interroge-t-il l'auteur du rapport. L'ouverture du champ de l'audiovisuel en Algérie constitue aussi un problème entravant la liberté d'expression en Algérie, selon le même rapport. Ainsi, on assiste à un phénomène étrange dans la scène médiatique ; des chaînes algériennes qui diffusent de l'étranger, avec une accréditation étrangère sans pour autant que l'état algérien les autorise à diffuser depuis l'Algérie. Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme suggère quelques solutions qu'elle juge appropriées pour la promotion de ce secteur vital. LAADH plaide pour que le droit d'accès à l'information devienne un principe constitutionnel et ne devrait donc pas être soumis à la négociation et à l'extorsion. De surcroît, la remise en ?uvre du Conseil supérieur des médias et la résolution du problème de la publicité s'imposent plus qu'avant. En outre, la considération du journaliste et son charisme ne peuvent être mis en place qu'à travers la facilitation de son accès à l'information. Le gouvernement est appelé à développer la profession de journaliste, et de créer l'environnement approprié pour sa pratique. La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme indique, par ailleurs, que l'immense majorité des journalistes dans le secteur privé sont exposés à toutes sortes de pressions et de extorsion. Selon le rapport, on impose à certains journalistes la réalisation même des pages entières par jour par rapport contre une faible rémunération allant de 3 000 DA/ mois et ne dépassant pas les 20 000 dinars dans les meilleures conditions. Une rémunération minable si on considère les risques encourus par le journaliste lors de son exercice de ses fonctions. Il faut préciser qu'un grand nombre d'entre eux ne bénéficient pas de leur droit à la sécurité sociale. La teneur du rapport ne remet pas en cause uniquement les gérants des entreprises médiatiques et les pouvoirs publics, mais aussi certains journalistes. Ces derniers exercent leurs métiers dans un cadre anarchique et loin des chartes de la déontologie et l'éthique professionnelle du journalisme. Enfin, M. Houari appelle tous les acteurs du secteur des médias pour communiquer et échanger les informations, les points de vue entre eux et ce, en vue de trouver des solutions novatrices pour surmonter les obstacles mis par le pouvoir.


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