
Elle est attribuée à la mairie. Encore, c'est cette pauvre mairie qui s'apprête, sans mot dire, à endosser tout ce qui est à maudire comme bureaucratique, paralytique et blocage. Ainsi, tout le monde a tendance à croire que la bureaucratie sied bien avec toutes ses lettres de honte à un guichet d'état civil. Qu'elle est toujours là, nichée dans la procédure d'obtention d'un acte de naissance ou d'une pièce quelconque d'une identité maintes fois prouvée.Alors qu'il existe ailleurs plusieurs formes de procédures illogiques et absurdes qui perdurent à contre-courant d'une modernisation tant hurlée envers des tympans fatigués et usés à force d'écoute inutile. Résidant à Alger, vous êtes en visite touristique à Constantine, vous y remarquez un véhicule à vendre qui arrive à vous plaire et dont l'immatriculation est à Chlef. Dans la pauvre et accueillante mairie du coin, au détour d'une négociation, vous concluez les termes du contrat d'achat que vous faites valider par le guichet municipal. Vous remarquez, ici, que toutes les communes servent tous les citoyens sans considération de leurs lieux de naissance, de natalité ou de résidence. Ce sont-là les vertus d'un vrai service public de proximité.Dès l'entrée en jouissance du véhicule acquis, et muni fortement et juridiquement de vos titres de propriété, tous les ennuis et les désagréments du monde commencent. Vous devez vous déplacer à Chlef, lieu d'immatriculation de l'engin, pour récupérer vous-même la « fiche de contrôle ». Une fois établie et remise en main propre, elle serait automatiquement transférée à la wilaya où l'acte de vente a été contracté et où vous n'y avez aucune résidence. La galère se perpétue intensément.Avec des acrobaties bien connues et excellemment exercées par les Algériens, vous arrivez tout de même à démêler un tant soit peu l'écheveau. Et là, une embûche de taille, procédure machinale, classique et surtout antirépublicaine vient assourdir tout entendement. Le passage obligé par la visite technique chez « l'ingénieur des mines » pour pouvoir enregistrer votre carriole dans la wilaya de votre demeure. Sans citer la chaîne, le gaspillage du temps et des efforts, l'intercession et la débrouillardise ; le parcours à courir n'est plus à décrire. Pardi ! À quoi rime cet « examen » formel et contraignant ' Le véhicule en question est bien algérien et algérianisé, il ne vient pas du Benin ou du Kosovo. De Chlef à Alger, il n'y pas deux réglementations ni deux normes. Il y a juste un p'tit engin qui circule. Il a du subir cette épreuve de vérification technique au franchissement de la frontière, à sa première mise en circulation, avant son dédouanement. Alors ' C'est pour contrecarrer les éventuelles fraudes ou infractions minéralogiques, chuchote-t-on à titre argumentaire. Que nenni ! Encore un abus de contrôle commis gratuitement par excès de prudence. Quel avantage fiscal tire-t-on à traficoter le châssis d'un QQ ' Pauvre raisonnement et regrettable maintien de tels procédés. Là, toute l'attention de M. Bouchouareb, le ministre de l'Energie et des Mines de qui dépendent ces services, reste attirée pour jeter un regard profond dans l'utilité de telle concentration d'énergie qui, par ailleurs, ne manque pas d'engendrer d'autres déviations et peut continuer à nourrir des penchants pervers. Cette visite et ce document doivent disparaître par le truchement d'une informatisation intersectorielle mettant à profit le fichier national des véhicules. D'autant plus que la carte d'immatriculation, grise ou blanche, s'apprêterait à son tour d'être biométrisée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Yazid Dib
Source : www.lequotidien-oran.com