L'inattendu problème qui a surgi dernièrement entre le nouveau dirigeant Brahim Bentayeb et l'ancien Abdelkrim Medaouar, de la SSPA ASO Chlef, risque d'avoir de graves répercussions qui menaceraient l'avenir du team chélifien si cet obstacle imprévu n'est pas réglé à temps , avec tact et savoir-faire souhaitables. Et ce, dans l'intérêt général du club et de la jeunesse sportive de toute une wilaya.
En effet, l'imbroglio qui oppose le président sortant M. Medaouar au nouveau désigné M. Bentayeb, n'est pas fait pour arranger les affaires de l'équipe qui connait actuellement des difficultés de bon redémarrage après les revers imprévus subis en compétition africaine et aux débuts du championnat de ligue une. Et quelles que soient les raisons de chacun, le moment est très mal choisi pour étaler ces différents sur la place publique alors que le club et ses supporters étaient en droit de s'attendre à une conduite exemplaire des dirigeants et responsables de l'ASO, ce club qui a eu l'honneur de remporter le premier championnat professionnel d'Algérie, pour rappel.
Plutôt que de se quereller publiquement, les deux protagonistes concernés devraient mettre de coté leurs différents et songer au devenir du club surtout et des potentialités juvéniles qu'il recèle en vue d'un bon planning sportif s'échelonnant sur des années. Mais si la préoccupation majeure des gestionnaires des biens de l'équipe s'avère pencher surtout du coté des possibilités de tirer des profits substantiels résultant d'investissements à injecter pour en récolter des bénéfices au quintuple, alors là il y a danger en la demeure ! C'est-à-dire que si c'est le facteur de rentabilité économique qui est visé en premier lieu, et non pas la priorité donnée à la promotion , la formation et la performance de l'athlète de l'association et entreprise dirigées , il vaudrait mieux pour pareils exploitants de potentialités humaines dans un but d'ordre mercantile essentiellement, d'aller investir ailleurs dans le secteur économique tout indiqué pour réaliser les ambitions nourries de gains exponentiels.
« L'ASO n'est la propriété privée de personne ! » répétait de son vivant feu El Haouari Belkacem, le dernier doyen, ancien membre fondateur de l'ASO en 1947, décédé l'an dernier. A chaque fois qu'il était sollicité par des fans de l'ASO quand le club traversait de graves crises, il affirmait contre vents et marrées que, qui qu'on soit et quels que soient les hautes instances ou parties qui soutiennent tous éventuels accaparateurs pour des raisons extra-sportives, « qu'on sache que l'ASO n'est pas une propriété privée, elle appartient à la jeunesse de toute la wilaya ». Allah Yerhmek El Hadj Belkacem, toi qui n'a pas hésité à la première investiture de Medaouar comme président de l'ASO à contrer la candidature d'un député soutenu par le premier responsable de la wilaya de l'époque , en faisant prévaloir les droits de prévalence de l'Ethique sportive, d'abord et avant tout sur les tractations d'un tout autre ordre visant l'accaparement d'un tremplin sportif dans des desseins autres que ceux de la noble mission de départ.
Et il semble qu'il en est de même aujourd'hui avec le prétexte sportif dont on chercherait à user dans un but beaucoup plus d'ordre économique-financier que de promotion sportive rigoureusement planifiée, avec y compris l'acceptation des risques d'investissements que cela nécessiterait. Non pas pour pouvoir ramasser gros, avec la commercialisation notamment des bons joueurs qui rapportent beaucoup (quitte à s'en passer parfois à quelques encablures du décrochement du titre de champion, ou de vice-champion d'Algérie ou d'une qualification historique en coupe d'Algérie, etc.,) - mais pour investir à long terme dans la formation et constitution d'une équipe hautement compétitive : un team solide qui saura être à la hauteur des sacrifices consentis. Cela dit, nos deux protagonistes devraient songer surtout à l'avenir du club chélifien en mettant de coté leurs ambitions personnelles. Car s'il y a une vérité déplaisante à dire, c'est que les deux parties en désaccord sont en train d'avancer des arguments plaidant, vraisemblablement, non pas pour l'intérêt du club mais pour leurs intérêts personnels communs à soutirer du parrainage en partage de la gestion des sources de rentabilités de l'ASO.
Pour l'opinion sportive, M. Abdelkrim Medaouar aurait dû se consacrer corps et âme à l'ASO avant de choisir d'opter pour la politique avec un rétroviseur devant lui pour s'accrocher à ce qui se trame derrière au sein du club. Quant à M. Bentayeb, l'opinion publique l'invite à reconsidérer l'historique du club de l'ASO Chlef pour se rendre compte que jamais aucun dirigeant du club, et des plus notoires, n'a jamais placé des membres de sa famille dans le conseil d'administration, quelles que soient les circonstances favorables ou défavorables ! Ce qui n'a pas manqué de susciter chez le public sportif la crainte justifiée, apparemment, d'une volonté de main basse sur les multiples ressources de l'ASO et ses apports en dividendes plutôt que ce souci d'entreprendre une stratégie de formation et de promotion sportive de longue haleine, quitte à débourser de ses poches. C'est cela l'éthique intègre des anciens, et si les dirigeants actuels voudraient aller dans ce sens, ils devraient axer leur travail prioritairement dans la réalisation des performances sportives et la préparation des potentialités juvéniles en leur procurant un cadre favorable à l'évolution. Ce n'est qu'après que les gains escomptés pourraient venir, assurément, lorsque les athlètes formés, donneront conséquemment, pleinement la mesure de leurs talents pris en charge par des dirigeants bienveillants. Si tel sera le cas, on doit alors leur souhaiter une bonne chance dans l'intérêt de l'équipe et des jeunes.
Mais si les deux protagonistes, ou l'un d'eux, s'avèrent mus par des intentions essentiellement d'ordre mercantile, alors, et dans l'intérêt de l'historique club chélifien, il convient d'entreprendre au niveau de la FAF les mesures qui s'imposent pour désigner un nouveau staff à la tète de l'ASO. Déjà que la direction de l'POW fait savoir que face aux sérieuses perturbations entrainées par le conflit opposant l'ancien dirigeant au nouveau, il a pris la décision de la gestion autonome de l'administration du complexe olympique. Pareil recours est tout à fait compréhensible face à certaines pratiques constatées un peu partout à travers le pays et pas seulement à Chlef. C'est à se demander devant pareils comportements préjudiciables à la marche sereine de tout club, « à quand les modes de gestion transparentes - modernes de nombre de nos associations de football que certains continuent de gérer comme des restos où le menu du jour ne tient compte que de leurs appétits voraces !...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Ghriss
Source : www.lequotidien-oran.com