Les grands renforts ne font pas nécessairement les grandes équipes. Au football, l'argent, à lui seul, ne fait pas grand chose. Les clubs algériens ont visiblement bien compris cette vérité élémentaire. Pour réussir, il faut surtout de l'ambition et de la motivation. Sur le terrain, de jeunes louveteaux en quête de respect valent souvent mieux qu'une poignée de stars égocentriques. Ces dernières saisons, beaucoup de sociétaires des deux Ligues professionnelles I et II ont réalisé, et toujours à leurs dépens, la pertinence de cette thèse.
Tout le monde a aujourd'hui à l'esprit l'onéreuse politique de recrutement de l'USM Annaba du temps du président Aissa Menadi. Les milliards dépensés à chaque début d'exercice n'ont porté aucun fruit. Pis, les tuniques rouges se sont conséquemment rétrogradées et souffrent depuis en Ligue II. A un moment donné, la prodigalité d'Abdelhakim Serrar a également mis les caisses de l'ESS à rude épreuves, sans récolter les titres escomptés. En 2010/2011, le boss sétifien avait casqué fort pour la vaine ambition de rafler le premier championnat professionnel. Le titre est finalement revenu à l'ASO Chlef qui avait intelligemment étoffé son groupe, alors drivé par le «revenant» Meziane Ighil. La saison dernière, l'USM Alger a pris les meilleurs du moment à prix d'or. Ali Haddad, qui venait d'«acquérir» le club algérois, avait dépensé sans compter pour inaugurer son nouveau règne par un titre national. Résultat des courses : les rouge et noir sont passés à côté. Les Aigles noirs de Sétif ont, en revanche, réussi le doublé en engageant infiniment moins de moyens financiers. Les poulains du Suisse Alain Geiger, sur lesquels personne ne misait le moindre sou en début de saison, ont eu le carton plein (Coupe et Championnat). La JSM Béjaïa, avec un recrutement ciblé, est passée à un cheveu du sacre en terminant le championnat sur le fauteuil du Co-leader à égalité de point avec l'ESS. Les protégés du Français Alain Michel se sont ainsi qualifiés, et pour la deuxième fois consécutive, à la prestigieuse Ligue des Champions d'Afrique. Pour l'exercice 2012/2013, toutes les équipes en lice semblent soucieuses de trouver la bonne formule et pas à n'importe quel prix. Hormis, l'USM Alger qui a franchement ciblé les meilleurs footballeurs de l'exercice écoulé, toutes les autres formations privilégient la stabilité ou l'enrichissement de l'effectif existant par des individualités capables d'apporter le plus souhaité. Bien que cette période de mercato estival soit toujours en vigueur, tous les clubs de la Ligue I focalisent plutôt sur leurs stages d'intersaison. L'unique rescapé des compétitions continentales -l'ASO Chlef, en l'occurrence- a écourté son congé en organisant un premier stage de 15 jours au Maroc (15/29 juin). En prévision de la phase de groupes de la Ligue des Champions d'Afrique, les poulains de Rachid Belhout poursuivent leur regroupement à Chlef. Faute de centres de regroupement dûment équipés sur place, les clubs de l'élite partent sans distinction à l'étranger (Maghreb/Europe) pour se remettre dans l'ambiance des compétitions. Ainsi, la JSMB, qui habituellement se prépare au Centre sportif d'Aïn Drahem en Tunisie, a opté cette fois pour le Maroc. Idem pour la JSK qui a, semble-t-il, pris goût aux installations de notre voisin de l'Ouest, même si une première étape de préparation a été prévue en terre tunisienne. Un club huppé comme l'USMA s'est offert un stage en France au Centre sportif de Lisses dans la région parisienne. Les stages, essentiellement programmés pour le mois d'août prochain, restent toutefois en phase d'étude et de préparation. Le début du championnat étant prévu pour le 8 septembre, beaucoup d'équipes attendent de boucler définitivement leurs effectifs pour entamer sérieusement le travail. Des formations moins aisées comme le MCA, le CRB ou même l'ESS opteront visiblement pour le Maroc en raison de l'instabilité qui affecte toujours la Tunisie. On pourrait dire autant du CABBA, l'USMBA et JS Saoura, les nouveaux promus en première Ligue. La seule certitude, c'est que tout le monde croit que l'argent, à lui seul, ne gagne plus les titres. Un état d'esprit qui donnera sûrement du mordant à cet exercice 2012/2013
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com