Chlef - Revue de Presse

Dialogue parallèle sur un tronçon d'autoroute



Partez et laissez-nous construire une nouvelle Algérie ! » Cet ordre en forme de prière, lancé par le candidat Moussa Touati, a peu de chances d'être entendu, encore moins d'être appliqué. Mais il a le mérite d'être clair. Si partir, c'est mourir un peu, mourir c'est partir pour toujours, même si depuis le temps que les mêmes dirigeants dirigent le même pays, ce sont surtout les dirigés qui partent ou meurent. Mais à qui s'adressait réellement Moussa Touati ' De Khemis Miliana,où le président du FNA, en plein meeting, demandait au régime de rentrer chez lui, un dialogue parallèle s'installait. Parlez et laissez-nous, répondait en gros le dirigeant numéro 1 de ceux qui refusent de partir. A quelques kilomètres de là, presque au même moment, le président Bouteflika tenait un meeting à Chlef, et semblait s'adresser à Touati en disant : « Nous, c'est la continuité, nous n'avons rien de nouveau. »Là aussi, le président du pays, au régime le plus long avec la Corée du Nord et le Zimbabwe, a eu le mérite d'être clair et les électeurs ne pourront se plaindre après que rien ne change. Mais entre un candidat qui demande à l'autre de partir, avant le scrutin, et l'autre candidat qui explique qu'il ne partira pas, surtout pas après le scrutin, quelle est la nature de la dialectique ' Le premier propose du neuf, invendable, le second de l'occasion, par bons obligataires prépayés. Le premier a le bon diagnostic sur la maladie, le second est directeur de l'hôpital. Le premier regarde le futur avec des jumelles de campagne, le second est accroché à son rétroviseur. Bilan de ce grand dialogue, celui qui va partir est celui qui demande aux autres de partir. Le 10 avril, après avoir ramassé ses 5% de voix et quelques indemnités de colistier, Moussa Touati va partir pour 5 ans et on ne va plus le revoir jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Il nous manquera.
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