Chlef - A la une

Des zones d'ombre dans les oubliettes



Ces douars sont dépourvus des moindres commodités d'une vie décente, à commencer par l'alimentation en eau potable et le réseau d'assainissement, en passant par l'éclairage public et l'état de délabrement des routes.Classées officiellement zones d'ombre par excellence, les deux localités rurales de Tizi Laalam et de Laghmounet El-Hdjar, situées à l'extrême nord-ouest du chef-lieu de la commune de Zeboudja (wilaya de Chlef), n'ont toujours pas bénéficié de projets pour se développer localement.
Pourtant, les difficultés auxquelles les habitants locaux sont confrontés depuis bien longtemps sont nombreuses et délicates. Elles prennent au fur et à mesure que les années passent une ampleur inquiétante et insupportable.
"Lorsqu'on est venu nous faire savoir que nos deux douars sont classés zones d'ombre par l'Etat, ce qui signifiait que nous allions bénéficier de pas mal de projets pour pouvoir sortir de la misère dans laquelle nous nous trouvons depuis de très longues années à tous les niveaux, les autorités locales nous avaient promis alors qu'elles allaient définitivement prendre en charge l'ensemble de nos problèmes.
Elles avaient même affirmé que nos douars allaient devenir les meilleurs et les plus favorisés, notamment en matière de création de projets de développement local.
Malheureusement, ce n'est aucunement le cas sur le terrain", regrettent des habitants de ces deux localités, affirmant que "toutes les promesses avancées n'ont jamais été concrétisées alors que nous continuons à vivre, péniblement, dans la misère et dans la pauvreté".
Situés l'un à côté de l'autre dans des lieux extrêmement isolés, les deux douars souffrent, en effet, de plusieurs manques qui rendent la vie quotidienne de leurs habitants mauvaise, amère et insupportable à tous les niveaux.
Le manque d'eau potable, qui s'est toujours posé et avec acuité dans les deux douars, demeure l'une des grandes préoccupations des habitants qui se trouvent contraints de l'acheter chez des revendeurs à 2 000 DA, parfois plus.
"Et on ne sait même pas d'où elle provient. Elle est d'une odeur inhabituelle et nous cause à chaque fois des maladies à transmission hydrique difficilement guérissables."
L'état de toutes les routes et de toutes les ruelles, qu'elles soient à l'intérieur ou à l'extérieur des deux douars, est plus que déplorable. On nous a fait savoir à propos de ces voies de communication qu'elles n'ont jamais fait l'objet d'une quelconque rénovation depuis que les deux douars existent.
"Complètement délabrées et détériorées, elles sont à l'origine du problème crucial de transport que tout le monde rencontre ici, car aucun des transporteurs de minibus ou des chauffeurs de taxi ne veut desservir nos deux douars de peur que leurs véhicules ne subissent des endommagements", expliquent des habitants à Tizi Laalam et à Laghmounet El-Hdjar, qui regrettent également que le transport scolaire y fait toujours défaut. C'est aussi le cas pour ce qui est de l'éclairage public dans les deux douars.
À la tombée de la nuit, la peur s'installe chez les villageois, affirment des habitants rencontrés sur place. Des actes de cambriolage et d'agression sont régulièrement perpétrés, toujours d'après les mêmes témoignages, à Tizi Laalam ainsi qu'à Laghmounet El-Hdjar, surtout pendant les longues nuits de la saison hivernale où les gens sont contraints de rester chez eux, à l'abri du froid.
L'inexistence de réseau d'assainissement dans les deux localités obligent l'ensemble des habitants à utiliser des fosses communes pour faire évacuer leurs eaux usées.

AHMED CHENAOUI
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