
Hébergées pendant près de deux mois au centre du Croissant-Rouge algérien (CRA) de Chlef, les deux jeunes filles, mais également les autres pensionnaires, au moins sept femmes, dont une enceinte qui ne va pas tarder à accoucher et une autre accompagnée de ses deux enfants, ont été mises à la porte, à la veille du Ramadhan, sommées de se débrouiller toutes seules désormais.Le centre d'accueil de SOS Femmes en détresse a reçu, il y a 4 jours, deux jeunes filles d'Oued Souf, appelé également El-Oued et situé à plus de 650 km au sud-est d'Alger. Les deux s?urs, âgées de 19 et 21 ans, sont arrivées, en fait, de la ville de Chlef.Hébergées pendant près de 2 mois au centre du Croissant-Rouge algérien (CRA) de cette ville qui se trouve à quelque 200 km à l'ouest de la capitale, les 2 jeunes filles, mais également les autres pensionnaires, au moins 7 femmes, dont une enceinte, qui ne va pas tarder à accoucher et une autre, accompagnée de ses 2 enfants, ont été mises à la porte à la veille du Ramadhan, sommées de se débrouiller toutes seules désormais. Le vendredi 27 mai, outre les contacts téléphoniques, une alerte est donnée par SOS femmes en détresse via facebook, annonçant que "2 s?urs, 21 et 19 ans, dont une diabétique, sont à la rue depuis 48h (...) (et se trouvent, ndlr) près du commissariat central de Chlef". L'alerte de l'association a, en outre, informé que la police, instruite du cas des 2 s?urs, ne les a pas gardées à son niveau, alors que "des voyous commencent à les harceler, sous le regard des forces de l'ordre".Un appel est alors lancé pour relayer l'information, afin qu'une "âme charitable" puisse, peut-être, les secourir "dans l'immédiat", et pour téléphoner au commissariat de Chlef et l'interpeller probablement sur ses responsabilités envers des personnes en danger.Une heure plus tard, une nouvelle alerte de SOS est donnée sur les réseaux sociaux, indiquant cette fois que la police a conduit les 2 s?urs dans une auberge, qui les prendra en charge jusqu'au lendemain, avant leur départ pour Alger.Hier, lors de notre entrevue avec les jeunes filles d'El-Oued, au siège de SOS Femmes en détresse, en présence de la présidente de l'association, Mériem Belala, nous avons rencontré 2 petites "fillettes", terrorisées, malades et assommées par l'épisode chelfi.Nous apprendrons que K. et O. appartiennent à une famille nomade de 11 enfants, dont 7 de sexe féminin (2 d'entre elles sont mariées) et 4 de sexe masculin (1 serait malade mental). Aucun des enfants n'aurait été scolarisé ni épargné par "la dureté" paternelle. Par ailleurs, les 2 jeunes filles ont fui la guitoune familiale, en mars dernier, pour échapper aux "coups" et à "la servitude" infligés par leur père.Des violences exercées aussi sur la maman. D'après elles, les 3 autres s?urs (23, 17 et 15 ans), restées à la maison et avec lesquelles elles gardent toujours le contact grâce au téléphone portable de K., veulent aussi s'enfuir d'Oued Souf, loin du paternel.Sur quoi nous renseigne cette affaire ' Au-delà des questions qu'elle suscite sur la vie d'une famille nomade, livrée à l'impunité, voire à "la brutalité" du père, c'est toute la problématique de prise en charge des femmes et jeunes violentées, soumises à des situations de grande précarité, dans une société patriarcale, qui reste posée en Algérie.En effet, cette affaire met à nu les dysfonctionnements, notamment au niveau du CRA et de la police de Chlef, en matière d'aide et de protection de cette catégorie vulnérable de la population. Certes, la mobilisation de SOS et la "pression" citoyenne ont été payantes, mettant fin aux menaces de harcèlement sexuel, aux chantages et aux risques d'enlèvement ou de viol.Mais, que sont devenues cette femme enceinte et cette autre avec ses 2 enfants, restées à Chlef ' Quel sort réserve-t-on à toutes ces femmes anonymes d'Algérie qui, jetées à la rue, n'ont trouvé aucune main tendue sur leur chemin 'Hafida Ameyar
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameyar Hafida
Source : www.liberte-algerie.com