
Comme toute région enclavée, El Marsa, dans la wilaya de Chlef, fait rarement parler d'elle. Un petit village qui n'a épousé que récemment la vocation de pêcheur. Cela remonte à l'an 2000, lorsque les premières fondations du port El Marsa ont été implantées. Un port qui, douze ans plus tard, n'est toujours pas achevé. « Il n'est jamais facile de construire un port. Il y a toujours des complications liées à des problèmes d'assainissement, d'étanchéité,... Tout cela ralentit les travaux du port », justifie un technicien de la région, activant dans ce port où mouillent quelques bateaux de pêche, mais qui appartiennent en totalité à des pêcheurs de la ville de Ténès. Cela étant, les pêcheurs de la commune d'El Marsa n'ont pas de bateau. « Certes, la plupart des habitants vivent de la pêche. Mais comme c'est une activité récente chez nous, nous travaillons encore pour les autres, pour les pêcheurs de Ténès. Nous n'avons pas de bateau et même pas de petits métiers », confie un pêcheur de la région en exprimant le v'u de ses collègues d'El Marsa d'acquérir leur indépendance vis-à-vis de Ténès. Pour cela, des jeunes et moins jeunes pêcheurs et marins de la région sollicitent de plus en plus les dispositifs de l'ANSEJ et de la CNAC pour acheter leurs chalutiers, sardiniers petits métiers (barques). Mais les lourdeurs administratives ralentissent l'acquisition de ces bateaux et les postulants commencent à perdre patience. Lors de la visite du ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid-Ahmed Ferroukhi, ce dimanche à Chlef, des jeunes marins, postulants, ont accusé certains responsables de l'Ansej de « corrompus ». Interpelé, le wali de Chlef, présent sur les lieux, a ordonné l'ouverture d'une enquête tandis que le ministre a appelé les collectivités locales à alléger les procédures administratives et à faciliter l'acquisition des bateaux. D'autant plus que Chlef abrite trois ateliers privés de construction de petits métiers et de sardiniers. « Un sardinier coûte presque un milliard de centimes. Nous avons importé le moule des bateaux et les moteurs et nous espérons que les autorités locales nous donnent le feu vert pour solliciter des spécialistes étrangers, afin d'améliorer notre formation », fait savoir le premier responsable de l'atelier Cartena. En attendant, donc, que les pêcheurs et marins d'El Marsa aient leurs propres bateaux, ils continuent de pêcher pour les autres, percevant un salaire pas très conséquent, selon eux. « Les marins, qui perçoivent une paie en deçà du SNMG, payent toujours l'IRG alors que la loi les en a exonérés », déplorent les pêcheurs. Une situation que reconnaît le directeur de la pêche, en signalant que Chlef est la seule wilaya sur le territoire national qui n'applique pas les nouvelles directives concernant cette question. Toujours en matière d'impôts, les pêcheurs de la région ont appelé la tutelle à les soulager d'impôts vu le caractère très difficile de leur activité et les maladies chroniques qui en résultent. « Il faut aller très doucement, étape par étape. Pour le moment, nous sommes concentrés sur les retraites des personnes activant dans la pêche. Pour le reste, les solutions viendront progressivement, mais tout le monde doit mettre du sien. Le plus urgent, c'est que les pêcheurs de la région se rassemblent dans un cadre pour mieux nous faire parvenir leurs revendications. Nous ne pouvons pas vraiment les aider alors qu'ils sont éparpillés », a souligné le ministre, en annonçant la mise en place de médecins de mer au niveau de chaque port. Les pêcheurs d'El Marsa ainsi que ceux de Ténès, se plaignent, également, d'un manque de production de poisson. « A force de surexploitation et d'usage à la dynamite, le poisson a, considérablement, diminué. Jusqu'à présent, d'ailleurs, nous ne savons pas qui utilise la dynamite. Nous n'avons aperçu que des traces d'explosion », expliquent les pêcheurs, en soulignant que pour pêcher le poisson en grande quantité, il faut aller en haute mer. Ce qui est impossible pour le moment. Pour longtemps en fait, car la pêche hauturière nécessite un un savoir-faire et un matériel lourd qui n'est pas disponible chez nos pêcheurs. « Nos pêcheurs et, surtout, les armateurs ne s'intéressent pas à la formation. Nous avons aménagé des classes spéciales à leur intention, pour qu'ils se mettent à niveau. Mais nos pêcheurs n'ont pas cette culture de s'informer de ce qui se passe, ailleurs, et de se perfectionner. La pêche chez nous reste à un stade traditionnel et les pêcheurs se contentent de puiser dans les richesses de nos côtes. Des richesses qui diminuent de manière effrayante », signale un enseignant à l'Institut national supérieur de la pêche. C'est à cause de cette sous-production, poursuit-il, que le prix de la sardine a atteint les 400 DA. Dans ce contexte, le ministre estime que la révision à la baisse du prix du poisson dépend de l'amélioration de la pratique du métier de la pêche, sur tous ses fronts.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F B
Source : www.horizons-dz.com