
Guérir plus vite que d'apprendre que tel médicament est en rupture de stockLorsqu'il s'agit de parler, nous sommes champions et lorsqu'il s'agit de réparer ou de prendre des mesures adéquates, nous préférons ne pas trop nous avancer.«Si le médicament fait défaut dans un hôpital donné, a déclaré le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, à l'occasion de sa visite de travail à l'hôpital de Chlef, c'est, tout simplement, parce que ce dernier n'a pas fait de commande.» Ceci est, en partie seulement, vrai car l'autre possibilité c'est celle bien connue de l'indisponibilité du médicament.Par ailleurs, en quoi cela peut-il nous être utile, à nous citoyens ou à ceux d'entre nous qui souffrent à cause de cette défaillance, de savoir que le médicament fait défaut dans les hôpitaux à cause d'un problème de gestion comme l'a précisé M.Abdelmalek Boudiaf ou pour d'autres raisons' Cela ne nous aiderait certainement pas à guérir plus vite que d'apprendre que tel médicament est en rupture de stock parce que le directeur de l'hôpital n'a pas signé la commande ou parce que le médicament n'existe pas sur le marché national. Autrement dit, parler du médicament n'aide certainement pas à guérir mais arriver à se le procurer c'est déjà un grand pas vers la guérison.Ce qu'il faut comprendre par là c'est que les aspects managériaux de la pénurie des médicaments ne sont pas faits pour être donnés comme remèdes aux malades. Si les hôpitaux ne passent pas commande, à tort, il existe mille et un moyens de le savoir et de sanctionner l'incompétence et l'irresponsabilité qui sont derrière une telle défaillance. Et si un médicament de grande nécessité n'existe pas sur le marché, c'est tout aussi aisé de localiser les causes d'une telle bêtise et de prendre les mesures qui s'imposent. Il y a donc deux aspects qui se côtoient dans cette histoire de médicaments dans les hôpitaux. D'une part, il y a la logique des choses qui veut que certaines erreurs, comme celle, pour un hôpital, de ne pas procurer les médicaments aux malades, peuvent être aisément expliquées (et non justifiées) par des erreurs de gestion, des incompétences, une irresponsabilité, une absence de conscience ou autre. L'évaluation de l'importance de la défaillance en soi, de la gravité de l'erreur et, bien sûr, la détermination des causes, tout cela relève, dans notre cas et à notre connaissance, du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Informer les citoyens de l'erreur, c'est bien, mais c'est insuffisant. Il y a plutôt lieu de résoudre le problème. De faire de manière à ce que pareilles erreurs ne se reproduisent plus à l'avenir et à ce que la santé des Algériens ne soit plus laissée entre les mains de personnes dont l'irresponsabilité, l'incompétence ou l'inconscience serait prouvée.Et c'est là le deuxième aspect de la chose. Lorsqu'il s'agit de parler, nous sommes champions et lorsqu'il s'agit de réparer ou de prendre des mesures adéquates, nous préférons ne pas trop nous avancer. L'honnêteté veut cependant que l'on soit cohérent avec soi-même et que l'on prenne les décisions qui s'imposent. Qui ne veut pas passer commande pour l'hôpital untel' Et pourquoi' Nous ne demandons pas à le savoir mais à voir la sanction tomber.Qui perturbe le marché national du médicament' Et pourquoi' Là non plus nous n'avons pas besoin de le savoir mais juste de voir les mesures prises afin que cesse pareil souk et que les Algériens aient les médicaments comme tout le monde. La logique des choses veut que tout effet ait une cause. Elle soutient que toute erreur a un responsable. L'honnêteté des hommes veut, pour sa part, que lorsqu'il s'agit d'erreurs graves, les responsables soient sanctionnés. Le reste, tout le reste n'est que gesticulation sans trop d'importance, surtout si cela coïncide, comme par hasard, avec l'approche d'élections comme c'est le cas chez nous actuellement car cela peut ressembler à s'y méprendre à une opération passagère de charme. Combien sont-ils à avoir fait des déclarations tonitruantes à l'occasion de l'approche d'élections' Combien sont-ils à nous avoir promis, la veille d'élections, monts et merveilles que nous avaient promis leurs prédécesseurs qui, eux-mêmes, les avaient entendus chez leurs prédécesseurs' Combien sont-ils à avoir fait semblant de partager la peine des Algériens, histoire de faire croire que là-haut, on pense bien au pauvre citoyen d'en bas' Combien de fois ont-ils promis de régler les problèmes' Et pourtant, tous les problèmes sont encore là à nous tenir la main et à nous conduire sur le chemin de plus en plus pénible de notre quotidien.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa Hirèche
Source : www.lexpressiondz.com