Avis - «Il serait plus judicieux de réhabiliter les cimenteries qui doivent augmenter leur capacité de production.»
L'Algérie accumule un déficit en matière de production de ciment de l'ordre de presque 3 millions de tonnes par an. C'est ce qu'a déclaré, hier, le président de la Confédération générale du patronat du BTPH à l'occasion de la 16 e édition du Salon international du bâtiment des matériaux de construction et des travaux publics (BATIMATEC 2013). La confédération n'a jamais cessé de relever cet épineux problème qui perturbe le marché local d'autant plus que l'offre nationale du ciment a atteint presque les 18,5 millions de tonnes par an alors que la demande a dépassé les 21 millions de tonnes par an, a-t-il signalé. Pour ce qui est de la création de nouvelles cimenteries, il dira que «ces projets seront livrés à l'horizon 2015 ou 2016 après la fin du programme quinquennal actuel». Et d'ajouter : «Ces dernières vont amener l'offre nationale à 23 millions de tonnes par an ce qui crée un surplus dans la production.» De l'avis de Dennouni, «il serait plus judicieux de réhabiliter les cimenteries qui doivent augmenter leur capacité de production au lieu de dépenser des sommes faramineuses à en créer d'autres». Trois cimenteries sont en cours de réhabilitation qui vont coûter à l'Etat quelque 700 millions de dollars financés par la Banque extérieure d'Algérie. Il s'agit de la cimenterie de Beni Saf qui va augmenter sa capacité de production de 500 000 tonnes, la cimenterie de Chlef de 1 200 000 tonnes chaque année et enfin celle de Aïn Elkbira de 1 million de tonnes/an, ce qui fera un total de 2 700 000 tonnes d'augmentation de production et ainsi une offre totale de 20 700 millions de tonnes/an qui est égale à la demande. «Pourquoi donc créer de nouvelles cimenteries '», s'est interrogé le conférencier. Dans ce sillage, M. Dennouni a évoqué les perturbations du marché local gangrené par la spéculation et le manque de contrôle et de maîtrise, pointant du doigt les grandes entreprises étrangères qui recourent au ciment produit localement. Or, dit-il, ces dernières ont les capacités financières de l'importer. «Pis encore, a-t-il ajouté, ces entreprises soumissionnent avec les prix du ciment sur le marché international mais elles recourent après l'attribution du marché à l'utilisation du ciment algérien au détriment des entreprises locales». En résumé, il dira que ce sont les PME/PMI qui subissent le plus cette pénurie. C'est pour cela qu' il propose de nouvelles mesures à entreprendre par les pouvoirs publics. «Ce sont les mécanismes économiques qui peuvent régler le problème de spéculation sur les matériaux de construction notamment le ciment et non pas les contrôles rigoureux», a-t-il suggéré. «Pour que ces PME/PMI puissent bénéficier de la production nationale dont les prix sont abordables, c'est aux grandes entreprises d'importer du ciment», a-t-il proposé. Le ciment algérien doit être destiné principalement aux entreprises locales qui réalisent les projets publics du programme quinquennal et non pas aux entreprises étrangères. M. Dennouni a souligné, en outre, la nécessité de défiscaliser l'importation de ce matériau dont les prix sont montés en flèche pour atteindre dans certaines régions plus de 1 700 DA le quintal.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samia Lounes
Source : www.infosoir.com