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Chômage dans la wilaya de Chlef : La LADDH remet en doute les chiffres officiels



Chômage dans la wilaya de Chlef : La LADDH remet en doute les chiffres officiels
Selon un responsable de la wilaya de Chlef qui a préféré s'exprimer sous l'anonymat, le chômage dans cette ville a touché plus de 73 116 personnes en 2012, sur une population de 1 053 768 habitants. Ce chiffre a semé le doute chez la Ligue algérienne de la protection des droits de l'homme dans la wilaya de Chlef (LADDH).En effet, dans un rapport qu'elle a établi et qui nous a été transmis, le LADDH a insinué que le chômage dans cette wilaya est d'environ " quatre fois plus élevé " que le taux officiel. Une situation, souligne la LADDH, qui n'est guère reluisante au vu de l'énorme travail qui reste à accomplir pour satisfaire les besoins de la wilaya en termes d'emploi et pour équilibrer un marché dont l'offre et la demande ne vont pas sur la même lignée. Dans le rapport, on peut lire plusieurs témoignages qui décrivent la situation précaire des citoyens.
Un jeune plombier confirme le constat amer de la situation en disant " nous sommes quatre frères et s'urs, et nous sommes tous en chômage, j'ai déposé une demande d'emploi, le 19 juillet 2012, auprès de la Direction de l'action sociale (DAS) mais jusqu'à ce jour je n'ai toujours pas reçu de réponse ".
Le rapport évoque, de surcroit, qu'"une masse de chômeurs se rassemblent quotidiennement devant les locaux de l'Anem, l'Ansej, de la Cnac et aussi devant les bureaux des administrations dans l'espoir d'avoir une réponse favorable à leurs demandes respectives d'emploi, ou encore d'aides financières qui leur permettent de réaliser un quelconque projet ". Ces derniers, poursuit la même source, ne mâchent pas leurs mots à l'égard des pouvoirs publics avec les témoignages recueillis par la LADDH de Chlef auprès de dizaines de demandeurs d'emploi à travers plusieurs communes de la wilaya, la situation s'avère inquiétante, voire alarmante. Certains n'aspirent qu'à partir pour tenter leur chance sous d'autres cieux, pour ne pas dire la grande majorité, indique le rapport. De plus, la LADDH a jugé que le système de pré-emploi ou du filet social " est ce qu'il y a de plus ingrat, après tant d'années d'études et de sacrifices, d'autres n'ont même pas cette chance". Un système, selon Mohamed, un universitaire en quête d'emploi stable depuis 3 ans déjà, qui "n'absorbe malheureusement que la demande majoritairement féminine ". La seule voie qui reste pour ces , peut-on lire sur le rapport, ce sont " les entrepreneurs qui ne sont pas aussi nombreux et qui tentent tant bien que mal d'embaucher des jeunes, mais cela reste insuffisant ".
Face à l'ignorance des pouvoirs publics de la situation, un jeune indique qu'il a perdu tout espoir qu'un jour la situation changera en disant que " je ne crois plus au changement dont on parle pendant les campagnes électorales, et par conséquent je ne voterai plus jamais pour qui que ce soit ".
C'est pour cela que la LADDH pré- vient le gouvernement quant à la menace que ce fléau social peut avoir sur la stabilité du pays, si ce dernier ne trouve pas une solution adéquate à ce problème. Surtout après avoir connu durant cette année quelques signes de troubles sociaux liés au malaise économique. La LADDH Chlef propose au gouvernement de poser les règles propres à assurer au mieux le droit pour chacun d'obtenir un emploi en vue de permettre l'exercice de ce droit au plus grand nombre d'intéressés. " La gangrène du chômage, qui porte atteinte à la paix sociale, demeure un souci permanent des Algériens pour y faire face, il faudrait lutter contre la bureaucratie et associer davantage les organisations patronales et les syndicats ", a poursuivi. La LADDH. propose, par ailleurs, la date du 10 septembre comme journée nationale de lutte contre le chômage. A cet égard elle a affirmé qu' " elle invite les syndicats, les associations, les jeunes victimes du chômage, les représentants du peuple de considérer désormais le 10 septembre comme la journée nationale de lutte contre le chômage ". Pour la LADDH Chlef " cette situation constitue une véritable bombe à retardement, portant en elle de grands risques de déstabilisation du pays si le gouvernement ne trouve pas une solution adéquate à ce problème ". " Nous avons déjà constaté des signes de troubles sociaux liés au malaise économique en l'année 2012/2013.Régler cette question est un défi économique connu de longue date mais ceci est de plus en plus urgent ", conclut le rapport.
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