Chlef - Revue de Presse

Chlef Les deux faces d'une émeute



Entre le wali de Chlef et le président de la Coordination des associations des quartiers des sites préfabriqués, il y a prise d'otages, celle d'une population et d'une ville en mal de vie. Parce qu'il y a malaise profond. Secouée par un violent séisme le vendredi 10 octobre 1980, la ville d'El-Asnam ressurgit, depuis, difficilement de ses décombres. Les autorités locales se sont empressées de lui changer de nom pour, dit-on, conjurer le mauvais sort et éloigner la malédiction. Il faut rappeler qu'à l'époque, l'Arabie Saoudite avait conditionné l'octroi de son aide financière pour la reconstruction d'une ville détruite à plus de 90 % par le changement de son nom, El-Asnam voulant dire statues, donc contraire à l'Islam... La ville perdra ainsi ses repères et s'appellera désormais Chlef. Eclatée en sites de logements préfabriqués, elle s'est pliée, impuissante, à de nouvelles moeurs, de nouveaux modes de vie la bousculant jusqu'à ses traditions les plus intimes. Les Asnamis se sont repliés sur eux-mêmes laissant l'informel, l'illicite, l'anarchie, la gabegie et autres autoritarisme et sectarisme régenter leur quotidien. La hogra est devenue de fait, force de loi. Entre gouvernants et gouvernés, le gouffre s'est dangereusement approfondi. Les violentes émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière ont exprimé un rejet de tout ce qui représente l'Etat. Premières cibles des révoltés, les édifices publics notamment sont saccagés et incendiés. «Nous exigeons le départ du wali, sinon, nous n'arrêterons pas, nous mettrons la ville à feu», disent presque en coeur les populations que nous avons rencontrées devant le tribunal de la ville à une heure tardive de la nuit du mardi au mercredi, attendant une hypothétique libération de leurs proches appréhendés depuis dimanche, jour de l'éclatement des premières émeutes. L'étincelle de la révolte, une décision mort-née de l'Etat d'octroyer une aide aux sinistrés pour la reconstruction de leurs logements. 20 000 logements préfabriqués appelés communément «Brariques» ont une durée de vie déterminée. Ils ne devaient donc pas durer aussi longtemps. L'Etat a fait dans le provisoire qui dure comme de tradition. 28 ans après la catastrophe naturelle, la reconstruction de Chlef est plus que jamais d'actualité. Sans résultats probants quand l'Etat se contredit et amende sa propre disposition d'aide, pourtant décidée par le premier magistrat du pays. Rien n'est ainsi véritablement validé en l'absence de rigueur et de volonté politique pour régler des problèmes pourtant récurrents.          Beaucoup d'argent devait être débloqué depuis plusieurs années. Les choses sont restées en l'état et l'Etat donne l'air de se dérober incapable depuis 1986 de passer à l'étape décisive de la reconstruction. «Radar, zone 2»
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