Chlef

Chlef – La question des châtiments corporels dans les écoles revient à la surface à Chettia



Deux écoliers punis… à coups de bâton par leur maître L’affaire de deux élèves, S.A. et H.I., scolarisés en 1ère année primaire à Chettia dans la wilaya de Chlef, et victimes de coups et blessures «infligés par leur enseignant» relance la question des châtiments corporels dans les écoles et ailleurs… Le père de l’un des deux chérubins, visiblement irrité par ce qui vient d’arriver à son enfant, exhibe un certificat de coups et blessures portant le n°4223/2008 et daté du 03/12/2008, délivré par un médecin légiste et expert médical établi à Chlef. «Mon enfant a été corrigé par son maître de la pire manière», dira le père de S.A. selon qui «la punition a été donnée en en classe, durant la matinée de mardi dernier». Selon le concerné, les deux élèves auraient été «battus par l’enseignant» qui, pour la circonstance, se serait «servi d’un bâton», aux dires mêmes du plaignant, objet qualifié de «contondant» par l’expert qui signale dans son document que «l’enfant, S.A., se plaint de douleurs et de troubles psychiques». Le médecin légiste y note «la présence d’ecchymoses multiples au niveau du dos et des fesses du garçonnet». Le père raconte qu’il s’était d’abord plaint de ces sévices auprès du directeur de l’établissement avant de s’adresser au médecin légiste qui, après avoir examiné l’enfant, lui a délivré un certificat d’incapacité de 12 jours, «pour coups et blessures», est-il notifié dans le document dont une copie a été remise à notre journal. «Je suis extrêmement scandalisé par l’acharnement de cet enseignant qui continue à verser dans cette pratique odieuse, d’autant plus que c’est un récidiviste dont mon fils et d’autres de ses camarades ont déjà été les victimes expiatoires», dira le père de l’un des deux enfants en relançant du coup la question des châtiments corporels dans les écoles. Mais si ce cas est remonté à la surface, il faut dire que bien d’autres restent tus et ce sont évidemment les enfants qui restent à souffrir le martyre, parfois en silence, tandis que certains instituteurs –tout comme certains parents d’ailleurs- continuent à clamer tout haut la nécessité du châtiment corporel afin de faire régner la discipline. Pourtant, il est des textes protégeant leur intégrité physique et psychologique, en classe notamment. Et la loi d’orientation de l’Education nationale de 2007, comme celle de 1976, comporte des décisions précises en ce sens même. Cette loi d’orientation prévoit en effet, à l’article 21, que "toute forme de violence et de harcèlement moral sont proscrits dans l’enceinte des établissements scolaires». Il y est également précisé que «les auteurs de ces violences s’exposent à des sanctions administratives et à des poursuites judiciaires". Mais cette même disposition n’a pas empêché –et ne semble toujours pas empêcher- certains enseignants de l’enfreindre. Et le cas de Chettia en est un exemple parmi tant d’autres. Il arrive que des enseignants, poussés à bout par des élèves peut-être peu respectueux, perdent leur sang-froid pour aller leur infliger des sévices corporels. Interrogé justement à ce propos, un enseignant rétorquera: «C’est bien de parler de l’article 21. Mais que dit l’article précédent?» "L’élève est tenu de respecter le règlement intérieur de l’établissement et de bien se conduire", répond-il à sa question. Est-ce une raison de corriger avec des coups entraînant un certificat d’incapacité de 12 jours? Le moins sensé des enseignants ne sera pas d’accord, surtout quand il s’agit d’un enfant de 1ère année primaire…   M. Mokhtari
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