L'étape des rêves électoraux s'est achevée. Hier, les Algériens se sont réveillés avec leur lot de deuils et de morts. Entre ses appels en direction des maquis sans répondant et la nécessité de poursuivre la lutte antiterroriste, Bouteflika est aujourd'hui mis devant un vrai défi.
Celui de débarrasser le pays du terrorisme, comme il l'avait promis lors de sa campagne électorale. En dépit du dispositif de sécurité impressionnant déployé le jour du vote, plusieurs attaques terroristes ont fait au moins deux morts et une dizaine de blessés parmi les forces de sécurité à Tébessa, Béjaïa et Boumerdès et, la veille, trois membres de GLD (Groupes de légitime défense), ainsi que deux militaires tués respectivement à Jijel et à Bouira. Même si le terrorisme est aujourd'hui qualifié de résiduel, il continue néanmoins à faire des victimes et à endeuiller des familles entières, profitant d'un climat politique marqué par un retour indécent et choquant des repentis et anciens chefs terroristes amnistiés sur la scène médiatique.Certains, comme Madani Mezrag, poussent le bouchon très loin en menaçant de reprendre le chemin du maquis, et d'autres, comme l'ancien membre fondateur du GIA, Abdelhak Layada, se targuent d'appartenir à l'organisation la plus criminelle que le monde ait connu et, de ce fait, réclament un statut particulier. Ahmed Benaïcha, l'autre chef terroriste pour la région de Chlef, crie à qui veut l'entendre que l'Etat algérien, qui l'a lavé de tous ses crimes, n'a pas tenu ses engagements. En bref, la période électorale a été une occasion propice pour marchander d'autres concessions, en contrepartie d'une participation au vote. Par leurs propos, les anciens terroristes ont remué le couteau dans la plaie encore béante et douloureuse des dizaines de milliers de familles des victimes du terrorisme, ces oubliées de la campagne électorale. Le retour des « seigneurs » de guerre sur la scène médiatique, revendiquant un statut de « super citoyens », n'est pas fortuit. Faire pression sur les décideurs pour plus de concessions.Tout comme, d'ailleurs, ce que fait le GSPC à travers la multiplication des attentats. Finalement, repentis et activistes terroristes ont le même objectif. Les deux savent qu'il n'y a rien à prendre de plus que ce qui leur a été accordé, mais ils tentent leur chance pour faire croire qu'ils ont eux aussi un rôle à jouer dans l'échiquier politique du pays. Abdelaziz Bouteflika sait qu'ils n'ont rien à espérer sans une reddition préalable, comme cela a été le cas en 1997, avec les terroristes de l'AIS. Il sait très bien que l'approche de « la réconciliation » avec un GSPC, dirigé « par un chef militaire pur et dur n'a aucune chance d'aboutir ». La porte de la négociation n'est possible que lorsque le chef est en même temps l'exégète du groupe, mais pas lorsqu'il est uniquement chef militaire. Aujourd'hui, Bouteflika n'a pas d'autres alternatives que celles de réitérer la volonté de l'Etat à poursuivre la lutte antiterroriste, pour que les échecs militaires (des groupes armés) sur le terrain ne soient pas transformés, par les leaders intégristes, en exploits politiques dont le principal objectif est de démobiliser les troupes qui affrontent quotidiennement les phalanges de la mort. Ceux dirigeant les maquis sont des éléments aguerris qui rejettent toute forme de paix et de réconciliation. Continuer à leur « tendre la main », alors qu'ils poursuivent leur stratégie de guérilla ne fera qu'affaiblir l'Etat.Les promesses d'une Algérie sereine et stable passent inévitablement par la volonté et l'engagement réel sur le terrain dans l'éradication des poches du terrorisme. Des poches qui continuent à sévir parce que quelque part, il y a encore des volontés que le terrorisme perdure. Des volontés qui ne peuvent évoluer que dans des conditions d'insécurité, d'instabilité et de pourrissement. Des volontés qui ont besoin de maintenir un seuil de violence pour justifier l'Etat de siège et toutes les restrictions des libertés y afférentes et consacrer un budget colossal au volet sécurité. Elu pour un troisième mandat comme il l'a souhaité, Abdelaziz Bouteflika, qui s'est toujours targué d'avoir ramené la paix à l'Algérie, va-t-il respecter son engagement d'en finir avec le terrorisme, comme il l'a promis durant la campagne électorale ' Un défi qu'il se doit de relever. Il y va de la sécurité des citoyens en général et de ceux qui affrontent le terrorisme quotidiennement en particulier.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com