Chlef - Revue de Presse

Berriane, Chlef : Les accusations de Saïd Sadi



«L'affaire Berriane signe un basculement inédit dans la gestion népotique de l'Etat. (...). Trois morts, des dizaines de maisons incendiées, des milliards de dégâts et surtout des ressentiments intercommunautaires qui mettront longtemps, très longtemps à cicatriser.» C'est par ce triste constat que le président du RCD a voulu revenir sur les tragiques événements qui ont secoué, ces derniers jours, la localité de Berriane dans la vallée du M'Zab. En convoquant, hier, une conférence de presse au siège de son parti, Saïd Sadi voulait surtout répondre à deux questions de fond que lui-même se pose: «comment en est-on arrivé là? Comment mais surtout pourquoi?» D'emblée, il remet en cause la validité de la thèse «de tensions entre communautés mozabites et arabophones.» Ses arguments, Sadi les trouve dans le fait que «cette fois tout est fait pour mener à l'irrémédiable» en faisant remarquer que les récents troubles ont touché des familles. Et «si l'on peut admettre que le pouvoir local a pu être surpris une fois, il est difficile de comprendre comment des autorités locales averties d'une situation potentiellement si dangereuse aient laissé se reproduire de tels déchaînements de violence et pire, retardé, à chaque fois, l'intervention des forces de sécurité», a-t-il soutenu. Le président du RCD alignera plusieurs questionnements pour démontrer qu'à chaque crise il y a «une volonté des autorités de laisser pourrir la situation.» Il fera le parallèle entre les événements de Chlef et ceux de Berriane pour affirmer que «des éléments d'analyse similaires s'imposent à la lecture et dévoilent une dérive administrative, inconnue jusque-là dans le service public algérien.» Il explique que «dans les deux villes, les responsables locaux ont différé l'intervention des services de sécurité jusqu'à provoquer le maximum de dégâts.» Et ce qui fait surtout réagir Sadi, c'est que «dans les deux villes, les responsables locaux ont attaqué le RCD avant de chercher à l'impliquer dans les violences qu'ils ont générées par leur laxisme et leurs manipulations.» Pour lui, si les conséquences des tentatives de manipulation des populations visant à les entraîner dans des réactions d'hostilité contre «les étrangers (...) ont été moins graves à Chlef où l'homogénéité sociologique n'a pas permis d'alimenter des affrontements entre différents groupes sociaux», à Berriane «les anciennes rancoeurs sont instrumentalisées pour masquer un plan diabolique de règlement de compte politique.» Sadi est formel «des étrangers à la ville ont été introduits et (qu'ils) ont agi, encagoulés et en toute impunité.» Comme relais, il pointe du doigt «des anciens réseaux terroristes.» Il fait remarquer que «l'un des principaux acteurs qui n'a jamais été entendu n'est autre qu'un ancien gendarme révoqué par son corps d'origine, dans les années sanglantes, pour cause de complicité avec les islamistes et récupéré par l'un des responsables locaux comme expert chargé de la sécurité.» Le qualifiant de «gestionnaire occulte dans diverses affaires», il dit de lui «qu'il se répand en menaces et appels à la désobéissance contre les nouveaux élus, dès qu'il a constaté leur volonté d'ouvrir nombre de dossiers où il était impliqué.» Ses reproches, «dans d'autres pays, le chef de l'Etat intervient sur le champ dans des situations moins tragiques, des ministres démissionnent (...) et des sanctions tombent avant que le pire n'arrive» et «aucune structure de l'Etat ne s'est manifestée pour prêter assistance à des victimes d'un Etat qui a été incapable de les protéger.» Sadi est persuadé que «les événements de Berriane et de Chlef révèlent, dans le sang, un asservissement de l'administration par le tribalisme et leur prolongement maffieux.» Il affirme aussi que la manipulation est pour «dissuader toute reconfiguration politique dans les institutions.» La commission d'enquête, Sadi y tient pour, dit-il, «dévoiler les objectifs des instigateurs de ces crimes.» D'autant qu'il dit être choqué que «le parlement soit resté silencieux.» Il affirme que le RCD rendra public le rapport de l'enquête «aux plans national et international.» Réitérant son rejet d'un troisième mandat présidentiel pour Bouteflika, et à la question qui pourrait le remplacer? Sadi répond «ce n'est pas la question, la présidence de la République revient à celui qui mérite les suffrages populaires. Et supposons qu'il nous ait rendu les plus heureux d'Afrique, ce n'est pas pour autant qu'il va rester l'éternité!» A propos du message de Rice à l'Algérie, il dit «j'aurais aimé que mon pays soit autre chose qu'un grand commissariat de police des puissances étrangères ou leur sous-traitant.» Il s'étonne d'ailleurs que «l'Algérie surprend par son expertise sécuritaire qu'on dit excellente et ne pas être capable d'appréhender un jeune casseur.» Le régionalisme, lui, l'appelle l'antikabylisme qu'il estime être «une démarche de l'équipe actuelle qui a vocation à utiliser des pesanteurs sociologiques.» Et la réaction des responsables d'origine kabyle? lui est-il demandé. «Il est connu que ce sont des Kabyles de service», dit-il.
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