El-Gouala sont là. Actuellement, il fait très chaud au Sud. Ce n'est un secret pour personne, le mercure ne descend jamais sous les 40°pendant la journée.
Ceux qui disposent de moyens ont vidé les lieux depuis longtemps, les autres, c'est-à-dire la grande majorité, sont restés pour bronzer. Chaque soir, El-Gouala se réunissent au milieu du rond-point de l'université. Un lieu où les autorités locales, qu'on accuse de tous les maux, ont eu l'idée géniale de couvrir de gazon. Ce lieu (le rond-point gazonné) n'est pas réservé uniquement à El-Gouala, car des dizaines de familles y viennent, avec armes et bagages, passer la moitié de la nuit sous les étoiles. El-Gouala se rencontrent pour débattre tous les sujets. Ils parlent d'Obama, de Sarkozi de Bouteflika comme s'ils vivaient à la Maison-Blanche ou à El-Mouradia. Le groupe d'El-Gouala est constitué d'une dizaine de jeunes. Parmi-eux, des fonctionnaires, des commerçants et même des chômeurs.Lorsque le sujet tourne autour des autorités locales, des élus ou sur certains entrepreneurs, on entend des vertes et des pas mûres. Ils ont évoqué le mouvement dans le corps des directeurs de l'exécutif. « Le wali a été muté à Tlemcen, ici (à Béchar ndlr), on ramène une femme », informe Lakhdar. « Oui, j'ai entendu cette information », rétorque Mustapha (Setta pour les intimes), avant de continuer, « Il va y avoir un grand mouvement à Béchar. Jai entendu dire que le procureur général est parti à Bejaïa et il a été remplacé par le procureur de la République de Maghnia. Le contrôleur financier a été muté à Oran et a été remplacé par celui de Chlef. Le reste, c'est pour le début du mois prochain », conclut-il. Houcine, un commerçant, qui n'arrive même pas à faire la distinction entre un policier et un garde communal, déclare : « On fait tout ça pour étouffer l'affaire de l'hydraulique qui a fait beaucoup de bruit. Le Président et le gouvernement n'aiment pas qu'on étale ce genre de scandales dans les journaux. Cela donne une mauvaise image du pays ». « Ils veulent alors que la justice ferme les yeux et laisse certains responsables véreux dilapider les deniers publics. Tu es fou, tu dis n'importe quoi ! Il ne faut l'écouter », s'exclame Abderrahmane en colère. Le ton monte et il est déjà minuit passé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : L. M.
Source : www.elwatan.com