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AIN-DEFLA



Si l'agriculture paraît florissante dans la wilaya de Aïn-Defla, si la production affiche une opulence que ne reflètent pas toujours objectivement les chiffres annoncés à cor et à cri par les services officiels, parce que tantôt tronqués, tantôt erronés, il n'en demeure pas moins que la région de Aïn-Defla recèle d'énormes potentialités naturelles avec des terres très fertiles, des ressources en eau abondantes avec un nombre de réservoirs important et un savoir-faire d'exploitants qui ont prouvé leurs performances.
Cependant, le monde agricole souffre de nombreuses incohérences et de dysfonctionnements dans la gestion de ces ressources si précieuses. Selon les agriculteurs, il y a d'abord la gestion de l'eau d'irrigation. Ils se plaignent de la gestion centralisée, décrétée par un calendrier administratif centralisé. Les agriculteurs ne peuvent disposer d'eau pour l'irrigation qu'à compter du 15 mai sans qu'il soit tenu compte ni des spécificités de la région ni des aléas du climat comme si les conditions étaient les mêmes partout. Ils en appellent à une décentralisation qui tiendrait compte et des spécificités de la région et des plans culturaux. Les exploitants dénoncent une fiscalité inadaptée. Certains affirment que les agriculteurs de la wilaya de Chlef ne sont pas soumis au même régime et même encore ne paient pas d'impôts. Tout comme ils dénoncent un manque de qualification des agents du fisc chargés de la taxation et qui considèrent la spéculation agricole comme un vulgaire commerce ou une entreprise. Ils reprochent aussi l'incohérence flagrante dans la mise en place des fameux PPDRI (Périmètres de proximité de développement intégré) où les opérations se font par à- coups, alors que ces opérations (eau potable, ouverture de pistes, éclairage, écoles, dispensaires, modules animaliers, structures d'accompagnement…) doivent être toutes achevées avant d'être livrées pour les bénéficiaires pour leur permettre de réoccuper l'espace agricole déserté et promouvoir l'agriculture en fixant les populations rurales. A ce titre, deux exemples montrent tout l'écart dans la gestion de ces périmètres, celui de Oued-El- Haad dans la commune de Arib qui, achevé, donne toutes les satisfactions tandis que celui lancé dans la commune de Bourached souffre de graves carences. Les engrais sont aussi au centre des préoccupations des producteurs des différentes filières. Leur mise à la disposition des agriculteurs avec des mois de retard constitue un sérieux handicap pour le développement harmonieux de la plante et le respect du cycle végétal. Pour beaucoup d'agriculteurs, l'attitude des banques ne favorise pas la disponibilité des crédits au moment opportun. «Que faire de crédits qui arrivent avec 6 mois de retard ' L'agriculture n'attend pas», ont-ils déclaré. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui se plaignent des capacités très insuffisantes pour le stockage des récoltes, notamment les céréaliers, surtout cette année où on s'attend à une production de 2 millions de quintaux de blé. S'agissant du logement rural, ni le quota des aides allouées ni le montant de ces aides ne peuvent faire face à la demande des populations rurales qui ont été la cible de campagnes de sensibilisation pour les encourager à réoccuper l'espace rural. Ils espèrent que les pouvoirs publics, notamment le gouvernement, prennent en charge cet appel. Un autre point important qui a été soulevé, celui de la contamination des eaux souterraines par les nitrates et les pesticides dont les taux ont dépassé et de loin les limites tolérables, selon des études menées par des spécialistes universitaires. Toutes ces doléances et ces appels ont été portés à la connaissance de la commission sénatoriale, présidée par Belkhir Kamel, assisté de Rachid Bousbaha, conseiller du président du Sénat, doléances consignées, qu'ils promettent de transmettre à qui de droit. Elles ont été recueillies au niveau de 19 exploitations à travers 12 communes au cours d'un périple qui a duré 4 jours et qui s'est achevé jeudi dernier.


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