Vaste mouvement dans le corps des chefs de daïra
Après un léger mouvement qui a touché en mai dernier le corps des walis et des walis délégués, c’est au tour des chefs de daïra.
Des télégrammes sont déjà tom-bés sur les bureaux des chefs de daïra leur annonçant soit la confirmation à leur poste pour certains, la mise à la retraite pour d’autres ou alors une mutation ou une promotion. Selon des sources dignes de foi, seront appelés à quitter leurs postes tous les responsables qui auront passé plus de cinq années à la tête d’une daïra. Tous ne seront cependant pas appelés à exercer de nouveau la même fonction. En opérant ce mouvement dans le corps des chefs de daïra, les observateurs avertis de la scène nationale ne font que confirmer une tendance qui est en train de se dégager à six mois de l’élection présidentielle de 2009. Ils se demandent aussitôt s’il s’agit d’un mouvement ordinaire dans l’exécutif local ou tout simplement d’un nettoyage de fond en plaçant à la tête des daïras de jeunes cadres à même de fouetter une administration souvent accusée de tous les maux. En outre, selon une source sûre, le mouvement des chefs de daïra a pris en considération, certes, l’évaluation du dernier mandat, mais aussi de nouvelles considérations, à savoir les préparatifs pour un troisième mandat. D’autant plus qu’on annonce la convocation du corps électoral. D’autres voient, par contre, en ce large mouvement des chefs de daïra, la capacité de gérer, avec le wali et les assemblées élues, le pactole de 200 milliards de dollars mobilisés durant le prochain quinquennat dans le cadre du nouveau plan de consolidation de la croissance économique. Ainsi, l’importance de ce programme suppose des chefs de daïra au profil de véritables managers de ressources publiques ayant à la fois la capacité de planifier, d’exécuter et d’auditer des programmes économiques. D’autre part, il s’agit de pallier la décision de remettre dans le tiroir le projet du découpage territorial annoncé en grande pompe, mais freiné en grande partie par une proche échéance électorale. En tout état de cause, l’État va faire un effort en dotant certaines localités de compétences à même de fouetter et le développement local et la prise en charge des préoccupations aussi bien des populations que de l’environnement économique et social. En d’autres termes, certaines localités, certainement celles qui ont la dimension de wilaya, auront des chefs de daïra qui auront les compétences et le profil de wali. En tous les cas, ce vaste mouvement intervient alors que certaines wilayas ont été secouées par de graves émeutes sociales avec leur lot de destructions et d’interpellations, instaurant un climat de défiance vis-à-vis des autorités locales. Le vaste mouvement opéré hier a-t-il un lien avec les tensions sociales qui caractérisent certaines wilayas qui ont basculé dans l’émeute pour protester contre des injustices qui n’ont pas trouvé de solutions alors qu’il s’agit parfois de dossiers vieux de plus de deux décennies, à l’image de la situation des sinistrés de Chlef ? Sans doute, quand on voit les changements intervenus à la tête de certaines wilayas-poudrières, comme précisément Chlef, ou encore Tiaret qui a connu des journées noires d’émeutes à la suite du décès de jeunes harraga. C’est ce que suggère en tout cas le toilettage minutieux auquel vient de procéder le président de la République. Il est difficile de croire en tout état de cause que le mouvement des chefs de daïra opéré est dicté par des impératifs liés exclusivement à la gestion des collectivités locales. Il apparaît clairement que Abdelaziz Bouteflika a réagi par rapport à une situation d’urgence dans le souci de désamorcer les tensions sociales que vivent certaines wilayas en créant l’illusion du changement. On ne touche pas à une machine administrative ni à des hommes qui ont accompagné le processus électoral depuis l’arrivée de Bouteflika aux affaires, à six mois de l’échéance présidentielle.
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com