Après près de 7 heures de débat, et les plaidoiries qui ont duré jusqu'à une heure tardive de la nuit de lundi à mardi, le tribunal de Chlef a tranché dans l'affaire des minoteries de Chlef en rendant, tôt dans la matinée d'hier, son verdict, condamnant sept personnes, dont trois gérants des minoteries citées dans l'affaire, à des peines de 3 ans de prison ferme et des amendes de 500000 dinars. Le même tribunal a condamné trois autres fournisseurs à 18 mois de prison ferme et 200000 dinars. Les mis en cause sont poursuivis pour des chefs d'inculpation liés à la dilapidation des deniers publics, la spéculation, conclusion des transactions en transgression de la législation, en plus de l'abus de pouvoir. Dans son plaidoyer, l'avocat général a réclamé des peines allant de 4 à 7 années de prison ferme à l'encontre des 26 mis en cause cités dans cette affaire. Aussi, le juge instructeur à, au le début du mois d'octobre de l'année dernière, mis 26 individus sous mandat de dépôt et 13 autres sous contrôle judiciaire, conformément à la loi 06/01 portant sur la lutte contre la corruption et autres. Cette affaire a été déclenchée, en pleine crise sanitaire, par les éléments de la brigade de recherches près le Groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Chlef. Dans les premiers rounds des investigations, pas moins de 40 personnes ont fait l'objet d'enquêtes. Alors que la demande en produits céréaliers, notamment la farine et la semoule, se faisait grande, ces produits ont, du coup, été frappés par la disette alors que les fournisseurs ont été alimentés régulièrement par d'importantes quantités du produit tant recherchés lorsque la crise sanitaire avait atteint son apogée, d'où la suspicion des enquêteurs et l'ouverture, par ces derniers, d'un vaste front de recherches. Les éléments de l'enquête, selon le document d'accusation, sont accablants. Des fournisseurs et des minotiers, en course pour le gain rapide, ont été pris main dans le sac en commercialisant les produits recherchés dans le circuit commercial en violation totale de la réglementation tout en doublant leurs tarifs alors que le même produit, destiné à la trituration, est soutenu par l'Etat. Ces derniers ont été ravitaillés avec d'importantes quantités, par l'Office algérien des céréales, l'Oaic. De plus, les mis en cause, profitant de la rareté qu'ils ont provoquée, ont, à plus d'un titre, conclu des transactions en totale contradiction avec la réglementation en vigueur en commercialisant le blé et le blé dur à des prix exorbitants. Autrement dit, les mis en cause ont versé dans l'infraction liée à la spéculation. Les enquêteurs ont basé leurs recherches sur les besoins des habitants de la wilaya en la matière en plus des pièces comptables et des factures d'achat et de vente, d'où la découverte du pot aux roses. Ils ont relevé un important écart entre les prix fixés par l'Etat et ceux ayant été appliqués par les fournisseurs et les minotiers impliqués dans cette affaire. Ces derniers ont d'autant plus été approvisionnés de manière régulière du produit ayant été frappé par la rareté au moment des faits. De fil en aiguille, les enquêteurs ont, en un laps de temps, réussi à remonter la filière avant de la démanteler tout en tirant au clair les tenants et les aboutissants de l'affaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AIT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com