Les autorités de la wilaya de Boumerdès semblent habituées à agir toujours après les catastrophes. Mis à part les réunions annuelles précédant la saison estivale, aucune mesure concrète n'a été prise pour endiguer les menaces multiformes qui planent sur la santé publique.Cette question a été abordée à huis clos la semaine dernière par le conseil de wilaya, mais les intervenants se sont limités comme à l'accoutumée au constat. Son des échos, ce sont les attaques imprévisibles du singe magot à Zemmouri et les campagnes de démoustication et de dératisation qui ont occupé le gros des discussions.
Alors que des centaines de familles sont exposées aux risques de maladies à transmission hydrique et de choléra dans des bidonvilles à Bordj Menaïel, Khemis El Khechna, Boudouaou El Bahri, Hammadi, Issers, etc. Les occupants de ces habitations précaires vivent depuis plus de 20 ans dans des conditions d'un autre âge.
Les eaux usées coulent parfois à deux mètres des taudis. Les risques d'épidémies augmentent, surtout en été, où même l'AEP qui se fait à l'aide de citernes devient problématique.
Pollué à longueur d'année, l'oued longeant le bidonville de Bastos constitue un foyer propice pour la propagation de maladies. Idem aux Haouch Erriacha et Barnabi (Khemis El Khechna), des sites cernés par les décharges sauvages, où les eaux fétides aux odeurs insupportables ruissellent de partout.
A Ouled Moussa, d'importants déchets industriels, dont des liquides toxiques, sont jetés vers l'oued qui traverse haï Mzaraâ, avant de finir au barrage du Hamiz, dont les rivages constituent un lieu de pâturage pour de nombreux éleveurs. Malgré les requêtes des habitants, aucune autorité n'a bougé le petit doigt. «Nos responsables font comme si de rien n'était pour assouvir les appétits voraces de certains industriels peu soucieux des effets de leurs activités sur l'environnement», dénonce un habitant de M'ziraâ.
Vu le manque de contrôle et l'absence de barrages d'irrigation, plusieurs agriculteurs arrosent leurs champs avec des eaux impropres. Et le cas du paysan qui a été filmé l'année passée en train d'irriguer son verger d'orangers à partir d'un égout à Corso n'est pas isolé.
En période de chaleur, même la prolifération des ordures ménagères n'est pas sans effets sur la santé. Le CET de Corso est, lui aussi, devenu une source de pollution en raison du problème de la surcharge et du rejet du lixiviat à 300 m plus loin dans un bassin à ciel ouvert.
Les odeurs irrespirables se dégageant de ce centre atteignent parfois les habitants de Corso et Tidjellabine. Le mal pourrait venir aussi des oueds non curés, comme ceux traversant les villes de Bordj Menaïel, Boudouaou, Ouled Moussa, Hammadi, malgré l'affectation au début du quinquennat précédent d'une enveloppe de 3,4 milliards de dinars pour ce faire.
Dans une wilaya où on met un mois pour remédier à une simple fuite d'eau, l'aboutissement de tels projets devient une chimère. L'Office national d'assainissement parle d'une moyenne de 60 interventions par jour à travers la wilaya.
Cependant, cet office ne peut rien sans une réelle implication des élus et des bureaux d'hygiène, dépourvus de moyens et de prérogatives. Aujourd'hui, bien qu'elles nécessitent de maigres cagnottes, même les opérations de dératisation et de démoustication ne sont pas menées régulièrement par les Assemblées communales.
La direction de la santé et de la population (DSP) recense une moyenne de 500 morsures annuellement, ajoutant que le coût des soins prodigués aux personnes mordues est évalué à 25 millions de dinars.
S'il est facile de réduire ce coût, l'élimination des autres facteurs susceptibles de provoquer des maladies paraît difficile à moyen terme. Organiser des rencontres pour débattre des solutions, c'est bien, passer à l'action c'est encore mieux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com