La vague de froid qui a frappé la région ces derniers jours a été durement ressentie par les occupants de ces habitations provisoires.
Les habitants des chalets de la wilaya de Boumerdès vivent une situation préoccupante. Dégradation de leurs habitations, infiltration des eaux pluviales, aléas climatiques, risques de maladies, rien n'est fait, selon eux, pour leur permettre de vivre décemment. «L'Etat nous a oubliés. Les promesses de relogement qui nous ont été données durant ces dernières années ne sont qu'un leurre», fulmine un habitant au site des chalets de Sahel, qui se plaint des affres du froid. «Nos chalets étaient dotés de climatiseurs, mais ils ont tous été volés. Les sinistrés du séisme de 2003, premiers occupants de ces cabanes, n'ont rien trouvé à l'intérieur», déplore-il.
La vague de froid qui a frappé la région ces derniers jours a été durement ressentie par les bénéficiaires de ces habitations provisoires. Ces résidants sont pénalisés à longueur d'année. «Nous ne pouvons résister ni au froid ni à la chaleur. Aujourd'hui, la plupart d'entre nous n'ont pas de gaz pour se chauffer et préparer leurs repas. Le gaz butane se fait vraiment rare. Certains ont des climatiseurs, mais cela reste insuffisant car leurs cuisines fonctionnent à l'aide de gaz butane», explique un autre habitant qui dénonce les retards pris pour leur relogement. «Nous sommes ici depuis 8 ans. Les autorités nous ont promis des logements en dur depuis des années. En vain», ajoute-il, debout, au seuil de la porte de son logis.
Plus de 600 familles sinistrées ne sont pas encore relogées dans la wilaya de Boumerdès. Elles résident pour la plupart dans la commune du chef-lieu de la wilaya. Elles avaient, pour rappel, opté pour l'aide à la reconstruction après le séisme en bénéficiant d'une aide de 1,2 millions de DA, mais la plupart d'entre elles n'ont pu s'acquitter de l'apport personnel exigé par le promoteur chargé de la reconstruction de leurs logements, bloqués pendant plus de cinq ans.
Le projet a été lancé à nouveau après l'octroi d'une aide supplémentaire par le ministère de l'Habitat début 2010. La lenteur des travaux de réalisation a poussé moult fois les familles concernées à sortir dans la rue pour réclamer la livraison de leurs anciennes habitations. «Les pouvoirs publics ne se soucient guère des souffrances que nous subissons dans les chalets», s'indigne Nassim, en relevant les risques de maladies encourus à cause de l'humidité. «Nous vivons dans des conditions intenables. Les chalets sont devenus inhabitables. Leur durée de vie est dépassée», argue-il.
Nos interlocuteurs redoutent en outre les risques d'incendie, rappelant les cas des nombreux chalets qui avaient pris feu dans différentes localités de la wilaya en raison des courts circuits. La non fixation d'un délai pour leur relogement dans des habitations décentes accentue leur angoisse. Aucun programme n'est encore inscrit par l'Etat pour le démantèlement des 15 000 chalets qui ternissent l'image de la wilaya. «On risque de mourir ici», dit une vielle femme en cognant la tête contre la cloison de sa cabine en formica.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com