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Wilaya de Boumerdès



Wilaya de Boumerdès
Le projet portant réalisation d'un hôpital psychiatrique de 120 lits à Boudouaou se fait attendre depuis 10 ans.Les personnes souffrant de troubles mentaux dans la wilaya de Boumerdès vivent une situation préoccupante. Un véritable drame. On les voit partout : sur les trottoirs, dans les arrêts de bus et autres lieux publics, mais aucun service ne se soucie de leur situation. Ne pouvant réclamer ses droits, cette catégorie de malades souffre dans l'anonymat.La direction de l'action sociale estime leur nombre à plus de 700 à travers la wilaya. Un chiffre qui augmente de jour en jour en raison du manque criant de structures de prise en charge appropriées dans la région. Le centre de soins des malades mentaux et de la médecine du travail qui se trouve à Bordj-Menaïel, le seul dont dispose la wilaya, est très exigu et fonctionne avec des moyens dérisoires. Outre le manque de personnel spécialisé, cet établissement n'est pas connu du grand public.Chose qui est due essentiellement à son isolement. Le centre est implanté au bord de la RN12, à équidistance entre Bordj-Menaïel et Issers. «Je viens chaque semaine. J'accompagnais mon mari qui souffre de troubles mentaux depuis plus de deux ans», confie une sexagénaire qui attend dans le hall de l'établissement. Le vieux couple habite à Ghomrassa, un village situé à 7 km des Issers. Les deux malheureux se voient contraints de prendre deux fois le bus avant d'arriver au centre.Chose qui se complique sur le chemin inverse puisqu'ils partent jusqu'à Bordj-Menaiel pour prendre un bus et rentrer à la maison. La vielle ne sait plus ce qui est arrivé à son mari. «Parfois il perd complètement connaissance. On l'avait emmené chez un médecin privé aux Issers à maintes reprises. On a dépensé tout notre argent mais cela ne l'a pas guéri. C'est ce qui nous a d'ailleurs poussé à venir ici», relate-t-elle. Malgré les difficultés qu'elle endure, la vieille ne désespère pas de voir son mari revenir un jour à son état normal et reprendre toutes ses capacités mentales. La prise en charge au niveau du centre est assurée à tour de rôle par une psychologue et un psychiatre.Les cas compliqués sont orientés à l'hôpital psychiatrique de Oued Aïssi de Tizi Ouzou (80 km à l'est de Boumerdès) ou celui de Blida. «Cela fait dix ans qu'on a entendu parler d'un projet de réalisation d'un hôpital psychiatrique de 120 lits à Boudouaou, mais on n'a rien vu venir», déplore Hocine, frère d'un malade mental de Si Mustapha. Inscrit en 2006, le projet en question a connu des blocages injustifiés.Le chantier est resté à la traine durant plus de quatre ans. Pendant ce temps, des centaines de familles de la région vivent le calvaire pour trouver une structure où elles pourraient soigner leurs patients. Un calvaire qui se vérifie à travers le nombre croissant d'avis de recherche de malades mentaux qu'on voit régulièrement au niveau des espaces publics ou sur les réseaux sociaux. Le terrorisme et la propagation de la violence sous toutes ses formes ont causé des ravages dans la société. La démission des pouvoirs publics et l'échec des politiques du ministère de la Santé ont fait le reste.


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