L'installation des guichets uniques au niveau des communes n'a pas allégé les lourdeurs bureaucratiques enregistrées dans la délivrance des permis de construire.Selon les statistiques de la direction de l'urbanisme de la wilaya de Boumerdès, sur les 21 272 demandes de permis de construire déposées depuis 2010, seules 16 673 ont été acceptées. Outre les rejets, les communes mettent énormément de retard pour répondre aux citoyens sollicitant ce document. «J'ai déposé mon dossier en 2016 pour la construction de 5 blocs d'habitation à la cité Bousbaâ de Bordj Menaïel. J'attends encore à ce jour, alors que la loi stipule qu'on doit me répondre dans un délai de 2 mois. Car passé ce délai, ma demande est acceptée de fait. Mais ceci n'est jamais appliqué. Au début, on m'a exigé un agrément en tant que promoteur, puis on m'a dit que le Plan d'occupant du sol (POS) n'est pas encore approuvé.
En septembre dernier, on a soulevé un autre prétexte, celui d'une fosse qui se trouve près du terrain où je devais construire. Alors qu'il y a des gens qui ont construit sur les lits des oueds et du littoral sans qu'aucune autorité bouge», dénonce Ahcène, un citoyen de Bordj Menaïel. Celui-ci n'est pas le seul à être pris en otage par l'administration.
D'autres citoyens de la région parlent de «favoritisme et autres pratiques illégales» dans l'octroi des permis de construire, soulignant que certains «ont été jusqu'à verser des pots-de-vin pour accéder à ce droit». Un hôtelier de Boumerdès, lui, affirme avoir déposé sa demande en août dernier. «Les membres du guichet unique ont profité de l'absence des représentants des directions du tourisme et de la DUC, partis en congé, pour rejeter mon dossier, sous prétexte que l'hôtel est situé dans une cité résidentielle. Alors que j'ai eu le feu vert de l'ex-ministre du Tourisme, Amar Ghoul, pour réaliser mon projet. En plus, juste à côté se trouvent des lavages de voitures, 4 crèches, trois écoles privées, des boulangeries et des ateliers, etc. J'ai présenté un recours, mais on m'a pas encore répondu», se désole-t-il.
Outre les désagréments causés aux concernés, ces blocages privent les collectivités locales d'une importante source de revenus. Cela surtout lorsqu'on sait que la taxe sur les constructions à usage d'habitation a connu des augmentations considérables depuis janvier 2017, pouvant atteindre jusqu'à 75 000 DA pour les constructions dont le coût dépasse les 20 000 000 DA.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kebbabi Ramdane
Source : www.elwatan.com