Les médecins légistes sont au nombre de 220 alors que 195 autres sont en formation au niveau national. La spécialité n'attire pas beaucoup de praticiens. L'Académie de développement des sciences médico-légales appelle à la promotion de cette spécialité. Les médecins plaident, pour leur part, pour la mise en place d'un protocole de gestion humanitaire des catastrophes, prenant en compte les réalités socio-culturelles.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Le deuxième congrès dédié à la gestion médico-légale des catastrophes a fait la lumière sur une spécialité boudée par les praticiens. Leur nombre à l'échelle nationale n'excède pas 220. Un effectif que les médecins légistes espèrent voir croître avec le temps. Le président de ladite académie a plaidé pour le développement de cette spécialité en Algérie, sur les plans scientifique, technique, humain et juridique dans le respect des lois et législations en vigueur au niveau tant national qu'international.
En réunissant des spécialistes de plusieurs pays africains et européens, le congrès a mis en exergue leur apport dans le domaine de la médecine des catastrophes.
Le professeur Belhadj, président de l'Académie de développement des sciences médico-légales, a évoqué l'expérience vécue par l'Algérie avec la recrudescence des actes terroristes dans les années 1990 mais également au cours des inondations de Bab-el-Oued ou du séisme ayant frappé Boumerdès.
Des tragédies ayant causé la mort de milliers de personnes et nécessitant la mobilisation des médecins légistes pour leur identification. La mise en place de laboratoires de police scientifique et de criminalistique a, dit-il, été d'un apport non négligeable dans la gestion des catastrophes. Les médecins légistes ayant pris la parole à l'occasion ont été unanimes à souligner la difficulté de gérer en même temps l'impératif de faire un travail d'identification et la pression des parents des victimes qui sont souvent pressés de récupérer les corps pour les inhumer. Ils ont plaidé pour l'élaboration d'un protocole de gestion humanitaire des catastrophes, prenant en compte les réalités socioculturelles.
Pour le Pr Belhadj, l'identification des corps peut poser plusieurs problématiques. Il insiste sur la nécessité de restituer le corps dans les meilleures conditions dans le respect des traditions. C'était le cas, dit-il, lors du séisme de Boumerdès où il fallait identifier pas moins de 2 300 corps qui étaient souvent entreposés dans des grandes salles de sport. Les catastrophes naturelles mutilent et il est difficile de faire, dit-il, l'identification ADN notamment avec les corps des migrants venant de pays qui ne travaillent qu'avec les empreintes digitales. Le Pr Belhadj a évoqué la création d'une unité d'identification par le biais des empreintes digitales et d'une nouvelle méthode de reconstitution des empreintes digitales.
Il plaide, néanmoins, pour l'introduction de nouvelles techniques notamment le scanner, l'adaptation du cursus de formation mais aussi la création d'une banque de données génétiques.
N. I.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com