Boumerdes - A la une

Un mort et cinq blesses



Les enfants s'occupent en récoltant des fruits de forêt qu'ils proposent au bord des routes.Les enfants s'occupent en récoltant des fruits de forêt qu'ils proposent au bord des routes.
Le village d'Ighzer Oumeziave, commune d'Ahnif, daïra de M'Chedallah a renoué avec les années de braises. Six jeunes enfants ont été victimes de l'explosion d'un engin enfoui à la lisière de la dense forêt qui entoure cette localité, samedi aux alentours de 19h25 mn. Le premier bilan fait état du décès de l'enfant H.B âgé de 12 ans. Deux autres victimes âgées de 10 ans chacune ont perdu leurs jambes, alors que les trois autres ont eu des blessures légères à la jambe gauche. Cette tragédie vient faire remonter à la surface les années pénibles subies par la population de cette région qui a été des années durant un camp de retranchement contre les hordes terroristes.
L'avènement de la Concorde civile a certes rétabli la quiétude, mais les terroristes avant de partir ont laissé leurs séquelles. Cette bombe enfouie aux abords de la forêt en est un exemple concret. Rappelons que durant des années, l'armée a consenti plus de six martyrs et neuf blessés dans les opérations de nettoiement de la zone qui a toujours été un lieu de repli aux membres de l'Aqmi.
La découverte d'un véritable hôpital souterrain, des casemates bourrées de denrées alimentaires, de vêtements et de produits explosifs... confirme l'importance de la région dans les efforts de reconstruction des rangs de l'Aqmi. Selon une source, l'engin est une bombe de fabrication artisanale qui a explosé quand le jeune H.B. a marché dessus. La crainte de voir revenir le spectre des années de feu et de sang hante les esprits. Bouira a, hélas, eu le macabre titre d'une des wilayas les plus touchées par l'hydre intégriste avec pas moins de 18 crimes (policiers), l'attaque du convoi du wali (Bengueyou), l'assassinat de 18 militaires en plein centre-ville (ex-Onalait)...même si la force de frappe de la nébuleuse intégriste est fortement réduite, la présence d'un seul terroriste peut être une catastrophe. La vigilance doit être de mise. Pour rappel et depuis plusieurs années, la région comprise entre «Thamalahth» à l'extrême est de la wilaya, la forêt de Chréa plus au sud, et la région de Ksana aux limites avec la wilaya de M'sila continuent à mobiliser les forces de lutte contre le terrorisme. La présence des groupes terroristes fuyant la Kabylie, évitant l'étau dans les forêts de Keddara et Bouzegza à Boumerdès ou ceux venant des régions frontalières est du pays a été confirmée.
Après les grandes opérations de ratissage engagées qui ont permis la mise hors état de nuire de plusieurs terroristes, les forces de sécurité ont marqué une pause.
L'hiver de l'année 2016 des paysans lors de la cueillette de leurs olives dans les régions d'Ighil Oumeziave, d'Ighil Nath Amer et aux abords de la forêt de Chréa, daïra de Bechloul signalaient la présence de terroristes. Une source très au fait de cette lutte antiterroriste craint une recrudescence des actes dans la région nord de la wilaya sous la pression exercée par l'ANP dans l'axe Bouzegza-Keddara. La région d'Oum Essaâd longtemps considérée comme un lieu de retranchement aux terroristes d'Aqmi, du Gspc, du GIA tout au début peut être une destination des sériats de Ammal, de Bordj Menaïel, de Lagata, de Naciria... pour ne citer que ces groupes qui ont de tout temps fait les 100 mètres entre la wilaya de Bouira et Boumerdès.
Le renforcement des dispositifs de contrôle sur les passages routiers dans cette vaste région au relief difficile est un élément qui ne trompe pas. La recrudescence de l'activisme intégriste a été favorisée par les transformations vécues par nos voisins tunisiens et libyens où la révolution du Jasmin a permis le départ de Ben Ali et l'avènement de la mouvance salafiste. Pour la Libye, la destitution de El Gueddafi n'a en fait servi que les réseaux wahhabites qui, depuis le temps, préparaient leur coup.
L'accident qui aura coûté la vie à un enfant pose aussi le problème de l'indisponibilité de structures de divertissement dans ces localités retranchées. En effet, cette localité qui vit de l'activité agricole, souffre de l'inexistence de structures de jeunesse.
Les enfants s'occupent en récoltant des fruits de forêt qu'ils proposent au bord des routes. L'ANP engage déjà une opération de déminage dans les parties occupées par les citoyens qui reviennent sur leurs terres.
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