Boumerdes - Revue de Presse

Tribunal de Boumerdès



Des mineurs condamnés pour terrorisme Le tribunal criminel de la Cour de Boumerdès était au rendez-vous, jeudi, pour juger une autre affaire de terrorisme. Sauf que cette fois-ci ceux qui sont dans le box des accusés sont des... mineurs. Les mis en cause, dont trois collégiens et un lycéen, âgés entre seize et dix-sept ans, ont été condamnés pour «adhésion à un groupe terroriste armé» et pour «non dénonciation de malfaiteurs». L’air totalement absent, les six mineurs étaient d’abord conviés par le procureur à suivre la lecture de l’arrêt de renvoi. Ce document relate l’arrestation d’abord de deux collégiens par les services de la police judiciaire de la wilaya de Boumerdès, le 30 mai 2007, au lieudit Ahl El-Oued, dans la commune de Tidjellabine. Ces arrestations sont survenues sur la base d’informations révélant l’existence de contacts réguliers entre ces deux personnes et un groupe terroriste en ce même lieu, le groupe dont les treize éléments ont été condamnés par contumace à la peine capitale. Ce qui a amené les services de sécurité à engager des investigations qui leur ont permis de saisir sur les deux mineurs plusieurs CD subversifs faisant l’apologie des actes terroristes en Tchétchénie et en Irak, une somme de 5.600 DA, un portable de marque Sagem et plusieurs puces Nedjma. Après interrogatoire, les deux collégiens ont avoué, selon l’arrêt de renvoi, l’identité des membres du groupe terroriste avec lesquels ils tenaient régulièrement des réunions dans la forêt. Il ont affirmé aux enquêteurs que l’argent et les autres accessoires trouvés en leur possession leur étaient fournis par les terroristes en contrepartie d’un travail de renseignement axé notamment sur les mouvements des services de sécurité et certains responsables locaux. Les six mineurs avaient même des accointances avec le groupe terroriste de Thénia auteur de plusieurs attentats terroristes contre les services de sécurité. Dans l’arrêt de renvoi, les six sont accusés d’avoir été derrière le rapt d’un commerçant. Ce dernier ne sera d’ailleurs libéré qu’au bout de neuf jours de séquestration contre la somme de 300 millions de centimes, versée par le frère de la victime. Au terme de la lecture de l’arrêt de renvoi, qui établit l’implication de ces mineurs, le juge s’est adressé au plus âgé d’entre eux, Abou Doudjala, pour des explications sur ses relations avec la Sériat de Thénia. «Je ne les connais pas et je n’ai jamais été au maquis», répond l’accusé. Le juge réplique encore: «Mais vous avez reconnu les faits devant le juge et les policiers en présence de vos parents!» «Non, Monsieur le juge», rétorque le lycéen. Le juge interpelle un autre accusé, puis un troisième. Mais il reçoit la même réponse. Un des avocats des mineurs intervient et demande au juge de demander aux adolescents pourquoi ils n’ont pas alerté la police. «Nous avions peur pour nous et pour nos parents», répond soudain H’mida, un des accusés. Les avocats ont plaidé non coupable en faisant valoir dans leurs plaidoiries l’innocence de leurs mandants, pris au piège des idées djihadistes. Maître Abaziz, dans une intervention lyrique, a mis en relief la précarité sociale de ces jeunes qui ont le malheur d’habiter à proximité d’une forêt. Maître Abassi, estimera pour sa part que le réquisitoire, dix ans de prison ferme, est de nature à les radicaliser, «alors que leur place est sur les bancs du lycée et non dans une prison où ils sont déjà depuis une année». «En les condamnant, vous en faites des terroristes», a mis en garde maître Abaziz sous les sanglots des parents. Et le juge d’intervenir une seconde fois pour leur demander un dernier mot. La même réponse: «Nous voulons être acquittés pour reprendre nos études.» Après délibération, le tribunal fera bénéficier les six mineurs des circonstances atténuantes en les condamnant à deux et à trois ans de prison ferme. H. Senouci
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