
«A la forte majorité des délégués venus de 44 wilayas, le Conseil national a opté pour la grève illimitée. Cependant, cette option de grève illimitée reste tributaire de l'accord de l'Intersyndicale qui se réunira le 5 novembre prochain.» C'est ce que nous a déclaré Messaoud Boudiba, chargé de l'information et membre de la direction nationale du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation, Cnapeste.Cette déclaration nous a été faite, hier matin, au lycée Franz-Fanon de Boumerdès où se déroulaient encore les travaux de cette instance délibérante de ce syndicat. Comme le Cnapeste pèse lourdement au sein de l'Intersyndicale, il est certain que ce choix de grève illimitée sera entériné par le conclave de samedi prochain. Il est entendu que la principale revendication du Cnapeste reste l'exigence de l'abandon du projet de loi gouvernemental sur la réforme du système des retraites en cours en Algérie. Mais Boudiba et ses pairs ont également introduit d'autres dossiers lourds qui touchent les travailleurs de tous les secteurs.Dans la liste des revendications le Cnapeste inclut l'avant-projet de réforme du code de travail. «Ce projet est l'objet de tractations dans des cercles opaques et les partenaires sociaux sont exclus de la concertation», constate amèrement Boudiba. Le pouvoir d'achat qui ne cesse de dégringoler de manière ahurissante, chute qui est accélérée par la dépréciation du dinar et l'augmentation des taxes, inquiète au plus haut point les syndicalistes du Cnapeste.Le chargé de l'information du syndicat autonome dira à ce propos : «Tous les travailleurs sont touchés par la baisse effarante de leur pouvoir d'achat. C'est pour cette raison que nous appelons les travailleurs de tous les secteurs, publics et privés, à appuyer notre démarche et à contribuer à interrompre ce sinistre processus de décisions gouvernementales contre les acquis socioéconomiques des travailleurs et stopper le capitalisme sauvage qui écrase les travailleurs. Nous incluons par ailleurs dans nos revendications l'exigence du respect par les pouvoirs publics de toutes libertés en général et des libertés syndicales en particulier.»L'Ugta a signé en 2002 et en 2014 le pacte social mais le front social est en ébullition.Dans sa déclaration exclusive au Soir d'Algérie, Boudiba n'a pas manqué de saluer la base de l'Ugta qui fait abstraction de la position de leur centrale pour rejeter massivement la réforme des retraites. En clair, à en croire notre interlocuteur, l'éloignement entre la masse des travailleurs du secteur économique et la direction de l'Ugta ne cesse de s'élargir. Et il assénera pour enfoncer le clou, «ce qui nous chagrine en tant que syndicalistes, ce n'est pas l'Ugta qui est tout de même une institution respectable ni la base de ce syndicat, mais c'est le comportement de ses hauts responsables et leurs décisions pour le moins controversées et qui vont à l'encontre des intérêts des travailleurs.» Et d'ajouter «L'Ugta a signé le pacte social en 2002 et surtout en 2014. Or, le front social est présentement en ébullition. Sur le terrain, l'incapacité de mobilisation de l'Ugta s'est révélée au grand jour, elle a par conséquent démontré qu'elle n'est pas la voix représentative des travailleurs.»Pour Boudiba les travailleurs ne sont point représentés au sein de la tripartite où se prennent d'importantes décisions qui touchent directement les travailleurs.En résumé, les syndicats autonomes revendiquent le droit de concertation et, pourquoi pas, le droit à la négociation.Les propos de Sellal sont provocants et choquants, la tripartite véritable parlementBoudiba n'a pas manqué de critiquer sévèrement les propos du Premier ministre Abdelmalek Sellal jugés choquants et provocants. Sellal a, rappelons-le, déclaré que le dispositif de retraite sera appliqué dès 2017.Cette déclaration a été faite avant l'entame du débat sur le dossier au sein de l'APN. Notre interlocuteur estime que le Premier ministre a manqué de tact et de respect envers les institutions élues : «Il n'a même pas respecté les élus du peuple des deux Chambres qui doivent en théorie amender ou avaliser la future loi. Il est maintenant permis de penser que la tripartite, où l'Ugta n'a qu'un rôle de figuration, est devenue le véritable parlement algérien.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com