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SÉMINAIRE INTERNATIONAL SUR LA PEINE DE MORT à BOUMERDÈS



SÉMINAIRE INTERNATIONAL SUR LA PEINE DE MORT à BOUMERDÈS
Dès la fin des interventions protocolaires, les participants au Séminaire international sur la peine de mort qu'organise (28 et 29) le bâtonnat de Boumerdès sont entrés directement dans le vif du sujet. «C'est un débat qui ne risque pas d'être épuisé. Bien au contraire, il se trouve constamment régénéré à telle enseigne que la question de la peine de mort figure dans la question des droits de l'Homme les plus controversés, polarisant les opinions les plus diverses tant à l'échelle nationale qu'internationale», lit-on dans la fiche de présentation de ce conclave qui réunit d'éminentes personnalités liées au dossier de la peine de mort.La première question que nous avons adressée à certaines sommités du droit concerne la liaison entre l'application de la peine de mort et la nature du régime politique en place. En clair, il se dit que la peine de mort existe et est appliquée dans les Etats dirigés par des régimes répressifs, par contre, la peine capitale est abolie dans des systèmes politiques démocratiques. Ali Haroun, avocat, membre du HCE et abolitionniste de la première heure, a, à ce sujet, un avis tranché. «Dans les pays où la liberté et la démocratie existent, vous n'avez pas la peine de mort, partout où cette peine existe et où elle est appliquée la liberté réelle n'existe pas.» Il a espéré que ce séminaire fera évoluer les mentalités d'autant plus que le débat sur la peine de mort est intimement lié à celui portant sur les droits de l'Homme. L'avis de Jean-Jacques Uettwiller, président sortant de l'Union internationale des avocats (UIN), est nuancé. «Je ne peux pas dire cela. Je ne pense pas qu'il y a de lien entre la démocratie et la peine de mort. Je n'oserai pas accuser les Etats-Unis de ne pas être un pays non démocratique et, pourtant, ce n'est pas un pays abolitionniste. C'est tout simplement un état d'avancement de civilisation à un moment donné de l'Histoire qui fait que l'on applique plus la peine de mort. Je suis content que de grands pays comme l'Algérie et le Maroc aient procédé à une abolition de fait puisque la peine de mort existe dans les textes mais n'est pas appliquée. Cependant, il faut être très prudent sur ce sujet. En effet, il suffit d'un bouleversement de régime politique pour que la peine de mort revienne à nouveau.» Maître Nourreddine Benissad, président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme, est du même avis que Ali Haroun. «Je suis d'accord avec cette approche. Quand vous voyez la cartographie de l'évolution de la peine de mort, plus le pays est démocratique, plus la société est prête à accepter l'abolition de la peine de mort. La tendance internationale évolue vers l'abolition. Par ailleurs, les élites doivent tirer les populations vers le haut. Souvenons-nous ce qui s'est passé en France. L'opinion publique française était à 62% pour la peine de mort. Suite à des enlèvements d'enfants, cette opinion a connu une augmentation favorable à la peine de mort pour atteindre 76%. N'empêche que Badinter et Mitterrand ont eu le courage d'abolir la peine capitale. Les hommes politiques courageux tirent leurs sociétés vers le haut», dira-t-il, rappelant que, présentement, le nombre de partisans de la peine de mort en France est insignifiant. Selon lui, les statistiques mondiales démontrent que l'abolition n'a pas eu pour conséquence l'augmentation des crimes, et que ceux qui pratiquent la peine de mort n'ont pas vu les crimes baisser.Au premier jour, les abolitionnistes ont monopolisé la parole, les partisans encore discrets. Normal, les organisateurs (le prétoire) sont par essence contre cette sanction. Mais dès aujourd'hui, les partisans entreront en scène.A noter la forte participation et des débats de haut niveau.
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