Il est anormal que le raisin se vende entre 200 et 300 DA alors que nous le cédons entre 50 et 100 DA le kilo, selon la variété», c'est en ces termes que les viticulteurs qui exposent au Salon du raisin, hier à Boumerdès, dénoncent le diktat des intermédiaires et autres mandataires du marché de gros.Louaked Kamel, de Baghlia, énumère les vicissitudes de l'agriculteur, qui peine au niveau de la production. «Nous faisons face à beaucoup de frais et de difficultés, comme l'inefficacité et la cherté des insecticides contre certaines maladies, au manque d'engrais et à leurs prix exorbitants, ainsi qu'aux aléas d'une irrigation qui dépend de l'autorisation de procéder aux forages de puits.
Pour cette année, j'ai opté pour le goutte-à goutte à partir du barrage de Sebaou. Toutefois, il y a le problème des rejets ménagers qui polluent l'eau. On a demandé qu'il y ait une déviation du réseau d'eaux usées», dit-il.
Notre interlocuteur reconnaît que cette année le rendement a baissé de 40%. La directrice des services agricoles, elle, parle d'une récolte prévisionnelle de 2,5 millions de quintaux, soit un rendement identique à celui de l'année dernière. A Naciria, on confirme la cherté des intrants. L'exposant met en avant «l'absence d'un marché extérieur qui mettrait fin aux méventes du produit au niveau national».
L'agrumiculteur de Ras Djenet s'inquiète surtout de «l'absence de contrôle des activités des grossistes». Cependant, la région a été affectée par les grandes chaleurs de cet été, puis par les pluies orageuses qui ont énormément piqué le raisin. Il se plaint également de la bureaucratie qui entoure l'achat des engrais : «On nous exige tout un dossier. Ensuite, il faut suivre un parcours administratif lourd.
Conséquence : l'autorisation n'arrive qu'après une longue attente.» Il est vrai que l'opportunité d'un tel Salon est l'occasion pour les viticulteurs de présenter leurs produits assez variés, mais dont la saveur n'est pas toujours au rendez-vous. Enfin, beaucoup de viticulteurs trouvent qu'une fête du raisin organisée dans une région réputée pour cette production, comme Baghlia et Sidi Daoud, serait plus judicieuse pour la vente en contact direct avec la population et pour l'esprit festif, qu'une exposition en vase clos ne permet pas.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L Hachemane
Source : www.elwatan.com