
Un jour de Ramadhan, sachant que durant ce mois de jeûne, la demande de viandes par les ménages est très élevée, à notre demande, nous avons été admis à accompagner, sur le terrain, une brigade mixte de contrôle de la qualité des produits écoulés par les bouchers et marchands de volaille en activité dans la daà'ra de Boumerdès.C'était pour avoir une idée sur le respect par les bouchers et marchands de volaille, des conditions sanitaires. Cette brigade était composée du docteur Lila Akroum, vétérinaire à la Direction des services agricoles (DAS) de Boumerdès, détachée au Bureau communal d'hygiène de la ville de Boumerdès, et Fadila Bahri, inspectrice de la lutte contre les fraudes à la Direction du commerce de la même wilaya (DCWB). Premières constations, le respect de l'hygiène par les bouchers, du moins dans certaines localités de la wilaya, est désormais strict. Les deux contrôleuses ont choisi un secteur de la ville de Boumerdès où activent 6 boucheries, vendeurs de volailles et de poissons ou fruits de mer congelés. Ces contrôles étaient impromptus.Première boucherie, les deux fonctionnaires ont ouvert tout ce qui peut contenir des produits d'animaux. Elles ont demandé les certificats d'abattage. «Avec ces documents, nous pouvons connaître la traçabilité de la marchandise étant donné qu'en amont, il y a des vétérinaires qui contrôlent l'abattage et d'autres qui veillent sur la circulation du bétail», nous dit le docteur Akroum. Les deux contrôleuses n'avaient rien à reprocher au boucher. Par contre, chez le second, le docteur Akroum trouvera, dans la chambre froide, des carrés de viande de bœuf. L'ordre est donné au boucher de les emballer dans un sachet et de les peser. 3 kg de viande sont impropres à la consommation. Une fois emballés dans un sachet, la vétérinaire y déversa elle-même du détergent.Chez les 4 autres, les contrôleuses effectuent méticuleusement le même rituel. Nous avons noté que les bouchers et les marchands de volaille mettaient les certificats des viandes à portée de main et qu'ils ne faisaient aucune obstruction au travail des deux inspectrices. Certains les saluaient poliment. «Maintenant, ils nous connaissent. Ils savent bien que notre travail sera fait.» Et si d'aventure ils refusent de se soumettre aux contrôles ' «Nous ferons appel aux services de sécurité.»Pour les deux fonctionnaires, le meilleur contrôleur reste le client qui est la raison d'être des bouchers. «C'est au consommateur d'exiger ce qu'il veut et des produits de qualité. C'est lui qui paye. Il n'est pas obligé de prendre n'importe quoi», dira docteur Akroum.Si comme nous l'avons constaté, les contrôleurs de Boumerdès travaillent relativement à l'aise. Ce n'est pas le cas de leurs collègues des autres localités où, parfois, ils font face à de la résistance pouvant être violente. «Des gens ont acquis de mauvaises habitudes durant la décennie noire. Ils ne veulent plus changer de comportement. En la matière, nous avons des problèmes à Khemis-El-Khechna où l'informel est plus important, à Boudouaou avec des bouchers qui ne veulent guère se conformer à la loi et surtout à Bordj-Ménaà'el. Dans cette ville, les bouchers se montrent réticents aux contrôles. Ils sont habitués depuis la décennie noire. Nous ne voulons pas en arriver à la confrontation et à la rupture. Nous comptons sur la sensibilisation et la répétition», dira Azzedine Gaham, chef de service de lutte contre les fraudes à la DCWB. Il nous a, par ailleurs, rappelé que la DCWB contrôle, outre les bouchers, les marchands de volaille, les revendeurs de poissons, congelés ou frais, les producteurs et transformateurs de viande ainsi que les unités de production, de transport, de transformation ou les importateurs de produits alimentaires. «Pour parvenir à un contrôle efficace, la balle est dans le camp du consommateur qui ne doit pas acheter n'importe quoi.» Citant comme exemple l'achat de poulets non vidés. Et d'avertir : «En quelques heures, le poulet non vidé se transforme en véritable magasin de germe dangereux pour l'humain.»Concernant l'engraissement, l'abattage et la vente clandestins du poulet notamment, les deux contrôleuses et le chef de service montrent du doigt les APC qui n'émettent pas d'arrêtés d'interdiction et ne réquisitionnent pas la force publique pour les aider à éradiquer ces phénomènes sur leurs territoires respectifs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com