Le dernier périple algérien du documentaire Onorient aura lieu aujourd'hui 25 avril à l'université de Boumerdès. Allez-y!Après, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, le documentaire de 56 mn devrait partir à Beyrouth en mai. De quoi s'agit-il' Commençons par le début. En 2015 Onorient est né.
Il s'agit d'un média numérique indépendant et original qui détecte, diffuse et transporte l'élan créatif du Maghreb et du Moyen-Orient et des diasporas.
Avec des contenus inédits inspirés des dynamiques culturelles émergentes, Onorient cherche à valoriser les expressions culturelles multiples et leurs entrelacements, accélérés par le numérique et la mondialisation. Fort de son succès le Onorientour va voir le jour. C'est un projet citoyen de journalisme itinérant. Trois explorateurs: Hajar Chokairi, Oumayma Zekri Ajarrai et Mehdi Drissi sillonnent six pays du Monde arabe pendant 6 mois à la rencontre de 130 artistes et acteurs culturels pour vivre une immersion dans ses scènes culturelles actuelles. Au cours de leur quête, une question va s'imposer de facto, nous expliquera Mehdi Drissi: «Qu'est-ce qu'être arabe'» Aussi, cette question, ils vont la poser à tous les artistes qu'ils rencontrent sur leur route.
On citera notamment des musiciens nubiens en Egypte, des plasticiens en Algérie en passant par les street-artistes beyrouthins. Plus de 130 artistes seront interrogés, mais seuls une trentaine vont figurer dans ce qui sera plus tard un documentaire réalisé à l'arrache faut il lavouer, par Mehdi Drissi, qui apprendra sur le terrain à toucher au son et à l'image caméra et réussir à aboutir en 2017 un documentaire un peu hybride et décontract, un peu à l'image de ses protagonistes.
Ce documentaire aura été financé à 50% par crowdfunding et le reste par dons de mécènes privés et de fondations. Aussi complexe par sa thématique et déroutant par les réponses accueillies, il a au moins le mérite d'exister. Lors de sa projection à Alger, à l'espace Vivarium, certains spectateurs se sont carrément sentis décontenancés en se demandant à juste titre où est l'Arabe là dedans'
Non, l'Arabe n'est pas quelque chose de matériel, encore moins de tangible ou de dissoluble dans le sang.
Evoquant l'aspect ethno-historique d'aucuns réfuteront l'idée qu'on soit arabe. Plus nuancé, l'artiste algérien Mourad Krinah dira qu'il revendiquera «une partie de sa culture arabe» qui existe et qui est là sinon on ne compatirait pas autant et l'on ne serai pas aussi passionnés et sensibles pour la cause palestinienne. D'autres tenteront de parler de l'Arabe via la langue dont ils ne maîtrisent pas pour autant; quant à un autre intervenant, il dira que l'Arabe est celui qui est porteur de la sensation du «chaos» et d'ajouter: «Quelque chose qui est inhérent dans sa personnalité, voire même dans sa façon d'éduquer ses enfants...».
Aussi: «Les gens en sont morts. Des gens ont été tués pour cette question: le Liban est-il arabe'» dira un Libanais interrogé. La question de l'arabité, nous le verrons aussi dans le film, suscitera moult réactions. Certains se mettront sur la défensive. Un refusera de répondre face à la caméra... Beaucoup de choses intéressantes ont été dites malgré le son qui laissait parfois à désirer par moments. Des captations de témoignages ici et là et cette quête absolu de l'Arabe non résolu.
Non, vous ne la trouvez pas figée comme dans un marbre. Et si, être arabe aujourd'hui, serait plutôt cette non-identification complète au profil de l'Arabe tel qu'on se l'imagine dans nos fantasmes, mais plutôt un être non pas obsolète, mais en perpétuel évolution, un être qui vit avec son temps et se nourrit de tout ce qui peut lui apporter la mondialisation'
La nouvelle figure de l'Arabe serait ainsi en partie cette négation de l'arabe pur, comme esprit anticonformiste à la stagnation existentielle, mais flanqué d'une ouverture sur le monde comme le sont les auteurs mêmes de ce documentaire partis sans doute pour chercher un bout d'eux-mêmes alors qu'il se trouvait à côté de leurs portes. Toutefois, cette phrase dite à la fin du film nous laissera un peu comme songeur et perplexe tant elle renferme en elle un certain sentiment de lassitude et d'abandon...
«Etre arabe, c'est finalement comme quelque chose qui vous marque la journée et puis, que le lendemain on oublie...»
Serait-ce la bonne définition de l'arabité'
Qu'importe, l'objectif de ce film n'étant pas tant de donner de réponse, mais de s'interroger beaucoup plus sur cette sombre identité refoulée, perdue ou stigmatisée peut-être, mais avec laquelle vivent beaucoup de jeunes aujourd'hui aussi bien à l'aise que décomplexés, nourris qu'ils sont par tout ce qui vient d'ailleurs et qu'ils incorporent dans leur culture d'origine... l'Arabe contemporain c'est peut-être ça alors...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com