
Le développement local et durable et la préservation de l'environnement sont tributaires de l'investissement de chacun, d'une bonne gouvernance et de la disponibilité des moyens.En collaboration avec la coordination des comités de village et du mouvement associatif de la commune, l'APC de Taourirt Ighil a organisé, samedi dernier, au centre culturel d'Adekar, une journée d'étude intitulée «Zéro déchet, zéro émission». Entrant dans le cadre des activités préliminaires du Salon international de la ruralité et du développement durable, prévu dans la région pour le mois de mars 2017, cette journée a été l'occasion pour les organisateurs de mettre en exergue le potentiel de la région et les opportunités existantes pour en faire un territoire à énergie positive. «Nous ambitionnons de faire de Taourirt Ighil, à l'horizon 2030, un territoire à zéro déchet et zéro émission et 100% énergie renouvelable.C'est réalisable, pour peu que nous conjuguions nos efforts et commencions dès à présent le travail», déclare à l'ouverture des travaux le modérateur des communications, Mohammedi Kamal, de l'université de Boumerdès. «Développement local et changements climatiques» et «Gouvernance et développement durable» sont les deux communications présentées lors de cette journée et autour desquelles se sont focalisés les débats.Elles étaient rehaussées, pour faire le lien avec l'histoire de la région, par un exposé introductif présenté par Tahar Kacimi sur le Tombeau de la neige. Dans sa communication, Menouer Abada, parlant de développement local et de changement climatique, a présenté une étude portant sur la commune d'Irdjen (Larbaâ Nath Irathen), établie depuis plus d'une année avec la participation des comités de village, des associations et autres.Cette étude traitant de divers aspects (gestion intégrée des déchets ménagers, assainissement et épuration des eaux usées, captage et irrigation, aménagement et création de pistes, arboriculture, sauvegarde de la biodiversité, arboriculture, tourisme ?), a pour but, selon le communicant, de proposer des solutions pour assurer le développement durable, préserver l'équilibre écologique et lutter contre le changement climatique. «Nous allons faire face dans un avenir proche aux conséquences désastreuses du changement climatique. Elévation de la température, problème d'eau, disparition de la biodiversité, désertification? l'humanité aura à affronter de sérieux problèmes.Nous estimons actuellement à un centimètre par année l'érosion des sols, nous risquons à ce rythme de perdre, dans quelques années, toute la partie agricole de la planète», avertit-il d'emblée. «Nous vendons les richesses de notre sous-sol et nous consommons. Voilà ce que nous sommes. Il faut en finir avec ces mauvaises habitudes. Un peuple qui ne rêve pas est un peuple qui se meurt lentement. Il nous faut partager maintenant un rêve, un idéal pour aller de l'avant. Nous avons le sol, pas seulement le sous-sol. Il nous faut initier des projets innovants et structurants.Il faut aussi ne pas perdre de vue que pour les problèmes algériens, les solutions ne peuvent être qu'algériennes et pensées par des Algériens», fera-t-il remarquer. Après ces remarques, l'orateur a fait la présentation, chapitre par chapitre, de l'étude en question en la ponctuant parfois de digressions très utiles.«Le développement durable, de manière générale, c'est l'affaire de tous», indique, pour sa part, Smaïl Belhadj de l'université de Tizi Ouzou, qui a développé la question de la gouvernance et du développement durable : «Pour avoir un cadre de vie décent, un environnement propre et parvenir à un développement durable, c'est l'affaire de chacun.Evidemment, il faut des instruments, en premier lieu l'organisation spatiale et en second lieu des lois et une bonne gouvernance.» Parlant de la fiscalité écologique, il dira : «Chaque fois que je fais le plein pour ma voiture, je me rappelle que je paye une taxe pour l'environnement. Un dinar pour chaque litre d'essence est versé au fonds de dépollution. Même chose pour les pneus importés : on y relève quelque 10 DA qui s'en vont en principe dans ces fonds de dépollution.Cette fiscalité devrait être récupérée par les APC. Mais quelle APC s'en soucie '» Ce genre d'impairs est dû, essentiellement, selon lui, au manque de bonne gouvernance. Et sans bonne gouvernance, point de développement durable. A la fin des communications, les organisateurs et les invités se sont dirigés vers Lambert où il a été procédé symboliquement à la création d'une forêt-école qui sera baptisée dans les prochains jours.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boualem B
Source : www.elwatan.com