Le conflit au sujet des surcharges des emplois du temps des enseignants de la wilaya de Boumerdès n'en finit plus. Il s'enlise et ce sont les élèves les grands perdants.Dans ce bras de fer, il y a d'un côté les enseignants qui crient à la saturation psychotique, et de l'autre, certains directeurs de lycées et CEM qui, d'après les syndicalistes du Cnapeste, refusent d'appliquer les directives de leur tutelle pour réaménager ces emplois du temps chamboulés à cause des instructions de l'Etat pour faire face la pandémie de coronavirus.
Pour les directeurs des écoles, «toucher aux répartitions des horaires de travail entraînera une grande anarchie d'autant plus que tout est centralisé et informatisé». De son côté, l'administration, entre deux feux, reste pour l'heure impuissante à trouver une issue. Les enseignants utilisent l'arme de la protestation pacifique pour se faire entendre. Justement, concernant cette protesta, selon les informations que nous a communiquées, ce jeudi, le coordinateur du Cnapeste de la wilaya de Boumerdès, Rabah Mameri, les enseignants de 8 CEM et 3 lycées de cette wilaya sont entrés en grève ouverte.
Par ailleurs, les personnels enseignants de 3 CEM et du lycée Allem-Salem de Ouled Heddadj observent des grèves cycliques. D'autres fonctionnaires menacent également d'observer un arrêt de travail pour se faire entendre. Le premier responsable de ce syndicat explique les motifs de cette
protestation : «Nous avons signé avec l'ancien directeur de l'éducation un P-V dans lequel est consigné un accord sur l'allégement des emplois du temps des enseignants du moyen et du secondaire. Tenant compte de cet accord, nous avons suspendu l'appel à une journée de grève prévue le 24 février dans tous les établissements de la wilaya. Une journée de protestation et un boycott administratif des enseignants (non-remise des notes des compositions à l'administration ndlr) étaient en outre annexés à cette journée de protestation. À son arrivée, le nouveau directeur de l'éducation (DE) a reconduit l'accord. De plus, il s'est réuni avec les directeurs des établissements des deux paliers, moyen et secondaire, pour étudier le problème. La décision convenue au terme de cette réunion était l'allégement qui devenait urgent pour ne pas saturer gravement nos enseignants. Malheureusement, sur le terrain, les directeurs refusent d'appliquer cette directive. Ce qui a déclenché cette colère.»
Par ailleurs, dans plusieurs établissements, les compositions n'ont pas été assurées à ce jour, tandis que dans 90% des CEM ou lycées de la wilaya, les conseils de classes ne se sont pas tenus, faute de remise des notes par les professeurs qui suivent en masse l'appel au boycott administratif de leur syndicat. À ce propos, le responsable de la section syndicale du lycée Allem-Salem, cité plus haut, présent au bureau du Cnapeste, révèle : «En l'absence des enseignants, le directeur a mobilisé les femmes de ménage, le magasinier et des OP (ouvriers polyvalents, ndlr) pour surveiller les élèves qui passent leurs examens. Une dame qui est à la retraite a été convoquée pour surveiller. »
Sur les remous que vit son secteur, le tout nouveau DE, Ahmed Ghomit, installé il y a moins d'un mois, fait montre de calme. « Je viens d'être installé et je gère une situation héritée du passé. Je suis ouvert au dialogue et à la concertation pour résoudre tous les problèmes.
Au sujet des allègements des emplois du temps des enseignants, nous avons installé des commissions qui étudient la situation de chaque établissement et là où c'est possible de les réorganiser, nous le ferons. Ces emplois du temps ne sont qu'un petit problème de mon programme. Nous avons, en effet, des projets gelés qu'il faudrait relancer. Nous avons également beaucoup d'établissements à rénover ou à réhabiliter. Nous avons en outre utilisé les reliquats d'enveloppes budgétaires des établissements pour acheter les moyens de protection contre le coronavirus», a-t-il déclaré au téléphone.
Pour les observateurs locaux, ce conflit sur les emplois du temps cacherait en réalité une lutte syndico-syndicale pour le leadership. «Des syndicats, récemment agréés, cherchent la confrontation avec le puissant Cnapeste pour se donner une réputation, un standing et une légitimité». Si cela est avéré, que fait-on, dès lors, de l'éthique syndicale '
Abachi L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com