Boudés par les commerçants, certains marchés ont été transformés en salles de sport, tandis que d'autres attendent les décisions d'affectation.Qui ne se souvient pas de la pompeuse annonce du ministère de l'Intérieur de doter le pays de marchés de proximité ' Pratiquement tout le monde a demandé à voir en nourrissant quelques espoirs. C'était en 2012. Boumerdès s'était dépêchée d'en inscrire 17. Sept ans après, 16 sont achevés, mais seulement 4 sont opérationnels, dont celui de Baghlia, qui vient d'ouvrir en ce mois de Ramadhan. D'autres, à la demande des élus locaux, ont été transformés en salles de sport, comme c'est le cas pour Kharrouba et Khemis El Khechna. L'APC de Tidjellabine a opté pour un abattoir.
Huit autres attendent toujours, malgré les affectations. Leurs emplacements posent problème pour certains et, pour d'autres, les bénéficiaires s'inquiètent du manque d'aménagements. En somme, les marchés de proximité qui ont gardé leur appellation d'origine et qui sont fonctionnels se comptent sur les doigts d'une main. Voilà une opération qu'on pourrait aisément qualifier d' «échec cuisant». On aurait pu donc en tirer les leçons et éviter de rééditer le même fiasco. Tout porte à croire qu'il n'en est rien, surtout lorsqu'on apprend que 11 autres projets de marchés ont été programmés, par le ministère du Commerce cette fois-ci.
Cinq ont été lancés, dont celui de Chabet El Ameur, qui a ouvert ses portes récemment. Six autres n'ont pas démarré en raison d'un problème de choix de terrain. Les coûts par rapport aux enveloppes initiales ont connu des réévaluations. Mais les chiffres demeurent sous silence. Aujourd'hui, on met en place des chapiteaux de circonstance, qu'on érige en marchés du Ramadhan.
On fait venir une trentaine de commerçants qui appliquent des prix des produits concurrentiels par rapport à ceux des autres marchands. Toutefois, on oublie que le pouvoir d'achat du citoyen algérien est tellement érodé que ces mesures de conjoncture sont inefficaces pour réguler le marché. Selon les aveux d'un responsable du commerce, «les contrôles par nos services restent insuffisants en raison d'abord du non-respect de l'utilisation de documents dans les transactions, d'où le manque de traçabilité. En outre, un acteur important nous échappe, c'est le fellah.
En effet, il dépend du ministère de l'Agriculture quand il est producteur. Mais il devrait être du ministère du Commerce lorsqu'il devient vendeur. Cette situation profite aux intermédiaires. Le circuit de distribution échappe, ainsi, à nos services. Ces derniers sont d'autant plus vulnérables qu'ils ne perçoivent que de bas salaires.
Un inspecteur de contrôle touche dans les 5 millions de centimes tout au plus». Pour cette dernière question, un projet de loi portant révision du statut de ce corps de fonctionnaires avait été déposé en janvier dernier pour passer devant le Parlement. En conclusion, la question des marchés d'approvisionnement correct des citoyens, au-delà de la conjoncture ramadhanesque, est loin de se limiter à une question de marchés de proximité. C'est tout le réseau de distribution dans le contexte d'un tissu commercial identifié et régulé qui doit être refondé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakhdar Hachemane
Source : www.elwatan.com