Boumerdes - A la une

MALAISE PERSISTANT DANS LE SECTEUR AGRICOLE à BOUMERDÈS



MALAISE PERSISTANT DANS LE SECTEUR AGRICOLE à BOUMERDÈS
Les fellahs de la wilaya de Boumerdès sont toujours en colère. Ils reviennent à la charge. Réunies à Boumerdès, une dizaine d'associations de filières ont débattu de leurs problèmes.Lors de ce second conclave auquel le Soir d'Algérie a été convié, les présidents d'associations ont voté une motion par laquelle ils interpellent le wali de Boumerdès et le ministre du secteur. Ils demandent une audience au chef de l'exécutif de la wilaya pour lui exposer de vive voix leurs problèmes «puisque les autres institutions chargées de l'Agriculture nous marginalisent», disent unanimement ces présidents.
Comme argument de cette marginalisation, ils nous ont fait part du débat, la veille de cette réunion, au niveau de l'ultime session de l'APW du dossier de l'agriculture alors qu'ils n'étaient même pas au courant. Quelle valeur aura un dossier de cette nature où sont exclus les principaux acteurs concernés directement ' Mais le dossier qui exacerbe davantage la colère des fellahs concerne la gestion de la Chambre agricole.
«C'est une instance vide. Le président se fait dicter sa conduite par la DSA et dont le secrétaire général ne fait pas son travail. Plus grave, le seul membre de l'UNPA de Boumerdès, qui ne représente que lui-même, fait la pluie et le beau temps. Nous pensions que les dernières élections du nouveau conseil avaient tranché pour exclure les rentiers habituels de ce genre. Nous nous élevons contre ces pratiques. Nous ne voulons pas que l'administration de la Chambre se limite à formaliser des décisions prises ailleurs. Nous voulons un conseil d'administration fort et autonome qui débatte des vrais problèmes des producteurs et qu'ils cessent de marginaliser les associations.» C'est ce qui a été globalement dit durant les débats.
Citée par les conclavistes, nous avons pris attache avec Ourdia Bouakbi, la directrice des services agricoles, DSA, de la wilaya de Boumerdès. Elle ne montre aucune animosité envers ses détracteurs. Bien au contraire, elle se dit ouverte au dialogue. «Je ne veux marginaliser personne. Surtout pas les associations. Bien au contraire, je veux plus de partenaires avec la DSA. S'agissant de la gestion de la Chambre, je souhaite vivement que les associations s'impliquent davantage. Elles doivent s'imposer avec leur présence et leurs contributions», dira-t-elle avant de porter un jugement mitigé sur la première année de gestion du nouveau conseil d'administration de la Chambre. «Je ne suis pas totalement satisfaite mais il faut convenir que les nouveaux membres ont eu à gérer des dossiers difficiles hérités de l'ancienne mandature.» Et de conclure : «Pour moi, seul l'intérêt des producteurs et de la production prime. Que les fellahs se rassurent, aucune interférence ne me déviera de cette trajectoire.» «Jamais je n'accepterais qu'une personne, quelle que soit sa fonction, s'immisce dans le travail du conseil d'administration de la Chambre. Quant aux associations qui veulent travailler avec nous dans le cadre organisé, elles sont les bienvenues. Mais elles doivent d'abord tenir leurs assemblées générales et consulter leurs bases respectives.» C'est, globalement, la réponse du président de la Chambre Ali Merabet aux protestataires.
Comment instaurer un dialogue serein et fécond '
L'agriculture dans la wilaya de Boumerdès est le secteur économique, post-crise sécuritaire, le plus dynamique, le plus innovant. C'est sans doute par ce secteur et d'autres sous-jacents (pêche et tourisme) que la wilaya connaîtra son véritable essor économique. Ce qui est certain, c'est qu'il est de la responsabilité de l'administration et des instances représentatives des fellahs d'aplanir leurs difficultés et de rétablir les canaux de dialogue. Mais bien des observateurs locaux estiment que l'administration se doit aussi de se départir des vieilles manies qui consistent à écouter les voix usées mais qui lui sont acquises non pas pour l'intérêt générale mais juste pour être au bon endroit et au bon moment.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)