Boumerdes - A la une

Louisa Hanoune



Louisa Hanoune
Au centre culturel de Boudouaou ex-Alma, wilaya de Boumerdès, ville qui a vu naître Rachid Mimouni, Louisa Hanoune qui y a animé, jeudi matin, un meeting électoral qualifie les élections du 4 mai de scrutin de guerre sinon d'acte de résistance contre le pouvoir, les partis du pouvoir et l'oligarchie prédatrice.Dans le discours de la chef du PT (Parti des travailleurs), les mots effondrement et désespoir s'entrechoquent pour ramener l'assistance à la dure réalité du pays décrite par Hanoune dans un discours d'un peu plus d'une heure. «Le citoyen isolé est gagné par le désespoir parce qu'il n'a aucune perspective et aucun moyen pour se défendre contre l'injustice, la hogra et la répression», dira-t-elle.A mi-chemin de la campagne électorale, elle fait état de son désarroi et tire un premier bilan. Pour elle ce bilan est négatif, car, à l'écouter, le scrutin du 4 mai n'intéresse pas le citoyen. Elle énumère les causes de cette désaffection citoyenne. «Il est difficile de parler d'élection alors que juste à côté, au niveau de la poste de Boudouaou, les retraités ne pouvaient pas retirer leurs pensions à la date échue. Cette pension ne vaut rien, elle ne leur permet pas de vivre décemment. Or les responsables du gouvernement disent que ''nous préservons le niveau de vie des populations .»Elle estime que la situation politique économique et sociale de l'Algérie n'est pas enthousiasmante et a un impact négatif direct sur le moral de la population. «Ce douzième jour de la campagne électorale, nous devons être tous d'accord, c'est une campagne froide et étrange. Elle est étrange parce qu'il y a un effondrement politique, une démoralisation politique chez les salariés, les retraités, les nécessiteux, les cadres, les commerçants et les fellahs. Toutes ces catégories vivent dans un effondrement social depuis 2015. Cet effondrement politique suscite une grande colère et l'indignation contre le gouvernement et ses partis politiques ainsi que leurs députés qui ont avalisé toutes les politiques d'austérité, antisociales et antinationales.»Elle insiste dans son constat au sujet de l'effondrement : «Cet effondrement est la conséquence d'une grave crise politique qui met en danger les institutions de l'Etat à cause de la corruption, une crise économique, une crise sociale et une crise culturelle.» Et d'ajouter. «Cet effondrement politique démontre que le fossé est énorme entre la grande majorité des citoyens qui subissent les affres des crises et les gouvernants qui se sont mis au service d'une minorité extrêmement riche qui s'est emparée d'énormes richesses du Trésor public du pays par le biais des marchés publics de gré à gré.» Louisa Hanoune met en garde : «Cet effondrement est sans précédent dans notre pays.»L'éloignement du citoyen de cet évènement majeur du pays est la preuve, selon Hanoune, de délitement politique du pays. «Depuis le début de la campagne électorale, nous ne voyons que les militants et les militantes ou des syndicalistes dans les rassemblements. En effet, le militant qui participe aux débats politiques n'est pas démoralisé ni touché par le désespoir.»«Le PT est l'une des forces politiques qui ont luttépour tamazight»Dans la seconde partie de son discours, la numéro une du Parti des travailleurs revient longuement sur le Printemps berbère qui, affirme-t-elle, est une cause démocratique. Parlant de tamazight elle dira : «Nous devons la restituer dans son berceau naturel et l'inscrire dans le lot des défis posés à notre pays et à la majorité du peuple comme une affaire politique essentielle et non pas une affaire de folklore.» Elle dénonce «la tentative de vider le 20 avril de sa substance politique ayant une relation avec l'identité nationale par des dirigeants qui sont contraints de reconnaître le 20 avril, c'est-à-dire les mêmes qui représentent le système qui a dénié cette cause pendant 30 ans».Louisa Hanoune s'honore de sa contribution au combat pour tamazight : «Le PT était parmi les forces politiques qui ont porté cette cause amazighe directement après l'Indépendance par les noyaux de syndicalistes qui ont, par la suite, créé le PT en 1965. La position officielle de ces noyaux ont déterminé en 1974 la revendication de l'amazighité avec également l'exigence de l'élection d'Assemblée constituante souveraine qui prendra en charge toutes les revendications démocratiques de l'heure.» Elle rappellera également sa contribution récente à cette cause. «Nous avons convaincu le président de la République sur le danger de division de faire passer la reconnaissance de l'amazighité par référendum c'est-à-dire qu'une partie du peuple algérien arabophone déciderait de sanctionner une partie du peuple et lui refuserait ses droits naturels.»Avant d'appeler à voter pour la liste du PT, elle énumère la soixantaine d'engagements.
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