Dimanche, des centaines de villageois d'Iazouzène-Aït-Mekla de la commune de Chabet-el-Ameur (daïra des Issers, wilaya de Boumerdès) ont assiégé le siège de leur commune avec la ferme intention de parler au P/APC, Ahmed Neggaz, à propos des grands problèmes qui empoisonnent leur quotidien.« Des policiers ont cerné la bâtisse, nous empêchant d'entrer au siège de notre commune, alors que nous protestons pacifiquement. Quant au maire, il n'est sorti de son bureau qu'après l'arrivée du chef de la daïra des Issers », déplore le président du comité de village d'Iazouzène-Aït-Mekla, Ghilès Aïssaoui.
Ce dernier nous fait savoir que le comité qu'il préside a déposé, il y a plusieurs mois, une plate-forme de revendications « restée sans suite à ce jour ». La liste est longue autant que celle des problèmes soulevés.
Le président Aïssaoui commence par énumérer les principales difficultés que rencontrent ses concitoyens de cette localité montagneuse et enclavée. « Il y a quelques mois, une entreprise a commencé les travaux des aménagements urbains, puis elle a abandonné sans aucune explication. Même chose avec une autre entreprise qui devait achever les travaux de canalisation. Elle est partie sans crier gare. Il y a également notre demande d'extension de l'école pour éviter aux enfants de faire quotidiennement un trajet de 13 kilomètres jusqu'aux Issers. Le transport scolaire fait défaut. Il y a des problèmes dans tous les secteurs, la santé, l'énergie, etc. »
En clair, les citoyens pensent que leur village répond aux critères socioéconomiques pour être classé comme zone d'ombre afin de bénéficier au minimum de plus d'attention des pouvoirs publics.
Selon Aïssaoui, c'est à l'arrivée du chef de la daïra à Chabet-el-Ameur que le dialogue s'est instauré. Au terme de cette rencontre, il a été convenu d'organiser, en cours de semaine, une séance de travail en présence des directeurs exécutifs de la Wilaya, de l'APC et de la daïra ainsi que du comité du village Iazouzène-Aït-Mekla pour étudier tous les problèmes posés. Nous avons pu joindre par téléphone le président de la commission de l'urbanisme de la commune, l'élu Zenouh Hakim. Il confirme le dépôt d'une plate-forme de doléances.
Selon lui, les travaux des aménagements urbains sont effectivement à l'arrêt. « Leur reprise se fera à la fin du chantier de canalisation de l'entreprise Kanagaz qui, de son côté, rencontre des oppositions de certains citoyens. Ces oppositions sont la cause de ce retard. S'agissant de l'école, le bureau d'études a élaboré le cahier des charges pour lancer un appel d'offres de réalisation. » Au sujet du classement de ce village comme zone d'ombre, le président de commission nous a confié qu'une partie de ce village est en effet classée zone d'ombre. « C'est une commission au niveau de la Wilaya qui prend une telle décision », ajoutera-t-il.
Chabet-el-Ameur, une grande commune sans revenus
Pour comprendre les contestations récurrentes à Chabet-el-Ameur, il faut rappeler que cette commune (région des archs des Aït Khelfoun et des Aït Mekla) est une localité d'environ 45 000 habitants et 24 villages, en plus des quartiers du chef-lieu communal. Elle est enclavée et perchée sur le piémont du sud-est de la wilaya de Boumerdès. Elle est à vocation agricole, mais ses terres ne donnent pas de hauts rendements.
L'industrie y est quasiment absente. Donc, c'est une municipalité sans revenus où le taux de chômage est très élevé. Sans les investissements de l'Etat, la population aurait beaucoup souffert. Malheureusement, ces investissements étatiques sont rares et ceux qui lui sont consentis sont mal répartis et mal gérés. Or, la jeunesse de la localité est politisée.
Paradoxalement, la représentativité de la région dans les institutions élues y est faible comme l'est toute la partie est de la wilaya. À ce sujet, plusieurs lectures sont possibles. La jeunesse de Chabet-el-Ameur est impliquée dans l'organisation des villages. C'est probablement la région où il y a le plus de comités de villages.
Par ailleurs, on considère que les jeunes Chabetois sont les précurseurs dans la revendication sociale et politique dans cette partie de la Basse-Kabylie, mais on ne leur a jamais collé d'étiquette liée à une quelconque violence.
Abachi L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com