L'administration se contente de dresser des mises en demeure aux contrevenants, mais cela n'a pas permis de mettre fin à l'anarchie.Presque un mois après l'ouverture de la saison estivale, des irrégularités entachent déjà la gestion des plages, des parkings et des camps de vacances. La visite effectuée par le secrétaire d'Etat, chargé du tourisme, Mohamed Amine Hadj Saïd, dans la wilaya de Boumerdès la semaine dernière, a permis au commis de l'Etat, aux officiels locaux de constater les carences qui empêchent l'essor du secteur dans la région. Le responsable s'est rendu dans des sites soigneusement choisis par la direction du tourisme : hôtels, camps de vacances, complexes touristiques, plages et espaces de détente.
Dominé par un investissement privé, le tourisme dans cette wilaya est tronqué de la qualité de service, des normes d'accueil et autres prestations comme les espaces de loisir et de détente. Et ce, en plus de l'impasse faite aux règles générales d'utilisation et d'exploitation des plages, dont l'article 5 de la loi n°03-02 du 17 février 2003. Au front de mer de la ville de Boumerdès, le responsable du ministère a fait un bain de foule pour inspecter les étals des produits artisanaux exposés sous de petits chapiteaux avant de descendre à la plage. Puis, les responsables locaux lui suggèrent de regarder vers le ciel pour «admirer» les puissants projecteurs de la place qui permettent la baignade nocturne. Au sol, on ne voit qu'un tas de câbles électriques connectés anarchiquement à l'entrée principale de la plage.
En plus, aucun bac à ordures n'est prévu pour les déchets qui ont fini en «enjolivure» sur le sable. Un peu plu loin, des parasols à perte de vue appartenant à des exploitants qui se sont accaparés des zones de passage. «Pourtant, les équipes de Blanche Algérie chargées du nettoyage passent chaque jour !», feigne de s'étonner un responsable de l'APC. Ce qui n'a pas attiré l'attention de M. Hadj Saïd est l'absence de panneaux publicitaires obligatoires qui devaient être installés par l'APC. Ils indiquent la gratuité de l'accès dans les plages, aux parkings afin de tempérer le diktat des concessionnaires.
Le même scénario est vécu par les automobilistes. Si la municipalité a fixé le prix du parking à 50 DA, les gérants exigent 100 DA dans certains endroits à forte fréquentation. «Le rush vers les plages et le nombre d'estivants qui se ruent vers les établissements d'accueil n'a jamais été un indicateur fiable de la qualité de service. Le touriste national se contente de ce que vous voyez, il n'a pas tellement le choix de toute façon», lance un visiteur.
Manque d'espaces de loisirs
Sur le chapitre des loisirs et espaces de détente, les collectivités locales ne proposent absolument rien. A ce propos, le représentant du gouvernement a estimé : «En dehors des structures d'accueil, la finalité du tourisme est d'offrir des prestations complémentaires englobant principalement des parcours touristiques, la gastronomie locale et l'aménagement des endroits de détente et de loisir». En matière d'accueil, la wilaya de Boumerdès dispose de 16 établissements hôteliers dont trois complexes touristiques qui totalisent 3069 lits seulement. Sur quatorze hôtels, sept ne sont pas classés alors que deux ont été fermés pour des raisons de non-conformité.
Services proposés : restauration, hébergement et piscine pour certains. Les loisirs ne semblent pas intéresser les investisseurs. Dans un camp de vacances sis dans la forêt de Zemmouri, El Khyam, il a été constaté l'absence de commodités. Les installations sanitaires et électriques sont vétustes, les allées mal entretenues. «Vous devez fournir plus d'efforts pour rendre l'endroit plus propre et attractif», dit le wali qui s'adressait au propriétaire. Tout sourire, le gérant répond que «le camp affiche plein en été et fréquenté, de surcroit, par des clients fidèles venant des quatre coins du pays». Des investisseurs ont essuyé des avertissements verbaux lors de cette tournée d'inspection.
C'est le cas chez le complexe Adim, situé sur le littoral de Zemmouri. L'établissement comprend 800 lits, 89 bungalows et 25 chalets. Le wali de Boumerdès a rappelé au propriétaire la nécessité de respecter la zone de circulation sur les plages et dégager des espaces entre les lots cédés pour le public. En outre, les prix demeurent inaccessibles, car ils peuvent atteindre les 45 000 DA pour 15 jours passés sous une tente à El Khayma. «C'est la même chose pour les hôtels. Ceux de la ville de Boumerdès affichent entre 6000 DA et 7000 DA la nuitée !». En attendant l'intervention concrète de l'Etat pour réorganiser le secteur, la police administrative se contente de distribuer des mises en demeures qui n'ont permis aucune amélioration palpable sur le terrain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Douici
Source : www.elwatan.com